Protection contre l'exploitation et abus sexuels à la MONUSCO

Date d': 
Vendredi, 23 Juin 2017

Goma | MONUSCO | Aïssatou Laba Touré

Premier formateur de l’équipe de Conduite et Discipline (CDT) de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en RD Congo (MONUSCO), Jean-Roger Kuate a contribué depuis 2006 au développement des stratégies de formation et des matériaux pour la protection contre l’exploitation et les abus sexuels. A Goma et dans le Nord Kivu, il assure la formation des personnels civils et en uniforme, mais également de ceux des agences de l’ONU, des contractuels, ainsi que des gardiens. Entretien.

En quoi consiste votre travail ?

Premier formateur à être recruté pour mettre en place les stratégies et les outils de formation au sein de l’Equipe de Conduite et Discipline (CDT) à Kinshasa en 2006, j’ai formé plus de 15 000 Casques bleus, et plus de 23 000 l’année suivante. Je suis affecté depuis 2014 à Goma. Je veille non seulement sur la qualité de la formation en termes de conduite et de discipline au sein de la Mission, mais aussi sur la sensibilisation des communautés.  

Hormis la sensibilisation, que faîtes-vous en cas d’allégations d’exploitation ou d’abus sexuels concernant un personnel de la Mission? 

Concrètement lorsque l’équipe reçoit une allégation quelle qu’elle soit, je l’étudie et décide de sa recevabilité avant de la transmettre à l’unité centrale pour évaluation. Selon le cas, il y a ouverture d’une enquête avec enregistrement  dans la base de données. S’il s’agit d’un cas d’abus sexuel ou d’exploitation sexuelle, j’envoie une alerte immédiate à la section centrale pour une activation de l’Equipe de Réponse Immédiate (IRT) qui est un  mécanisme de réaction  rapide pour la prise en charge de la victime et de collecte d’informations si nécessaire. Il peut s’agir de viol, de rapports sexuels avec des mineurs, de rapports sexuels tarifés ou en échange de quelque chose.

Vous arrive-t-il d’essuyer le courroux du personnel concerné ?

En général cela n’arrive pas, parce que les personnes qui signalent des allégations ne le font pas souvent savoir au concerné. Parfois c’est pendant ou après les enquêtes, que ces personnes sauront qu’une allégation les concernant nous a été rapportée. Cependant, en ce qui concerne les risques d’exploitation et les abus sexuels au sein de la MONUSCO, nous rappelons toujours au personnel qu’en Mission, il n’y a pas de vie privée, qu’on est en service 24h/24, 7j/7 et que vie privée et vie professionnelle sont entremêlées. Nos règles régissent aussi bien la vie sur le lieu du travail qu’en dehors, y compris en congés.

Video link: https://youtu.be/in0WTVGE5SU