L’heure est venue : la solidarité féminine en action

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Mardi, 02 Octobre 2018

New York | DPI

Depuis octobre 2017, plus d’un million de femmes dans le monde ont partagé leurs expériences et exprimé leur solidarité avec leurs sœurs sous la bannière #MeToo. Elles ont dit que cela suffisait. Trop longtemps, les femmes ont été victimes de violences dans leur foyer, dans les espaces publics et sur le lieu de travail.

Trop longtemps, ces abus ont été normalisés, la voix des femmes n’a pas été entendue et leurs témoignages ont été mis en doute.

Trop longtemps, les auteurs de ces violences n’ont pas eu à répondre de leurs actes.

On estime qu’un milliard de femmes dans le monde souffrent de violences sexistes. Elles ne portent pas toujours plainte auprès des autorités, mais les données recueillies auprès de dentistes, de chirurgiens, de spécialistes de la santé mentale, des urgences et de la morgue que l’Organisation mondiale de la santé nous a aidées à rassembler illustrent le fait que la violence à l’égard des femmes est une crise sanitaire mondiale. 

Nous ne pouvons pas tolérer que cette situation se poursuive pour une autre génération.

Nous sommes à un tournant décisif, un moment que nous devons saisir à deux mains : #TimeIsNow (l’heure est venue). Pour amplifier ce message de solidarité et de détermination, des vedettes d’Hollywood ainsi que des millions d’utilisateurs de médias sociaux dans le monde se sont associés à des femmes et à des filles de régions rurales, à des étudiantes, à la société civile et à d’autres dont les voix ont été ignorées.

En Afrique, des militantes et des victimes ont dénoncé les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage d’enfants. À leur tête se trouvent des femmes comme Jaha Dukureh, ambassadrice de bonne volonté régionale d’ONU-Femmes pour l’Afrique, afin de mettre un terme aux mutilations génitales féminines et au mariage d’enfants.

En Amérique latine, des femmes sont descendues dans la rue pour protester contre l’assassinat de la militante des droits de l’homme Marielle Franco et pour dénoncer le féminicide par le biais de la campagne « Ni una menos » (« Pas une de moins »). 

En Suède, une lettre ouverte de centaines d’actrices partageant leurs expériences et demandant la tolérance zéro pour le harcèlement a conduit des milliers de femmes issues de tous les secteurs de la société à se faire l’écho de ces demandes.

Pendant cette période, nous avons appris deux leçons cruciales. D’abord, nous avons vu que la solidarité féminine est une force. Le nombre important de femmes qui se sont jointes à ce mouvement et qui ont manifesté leur soutien, leur sympathie et leur compréhension a permis de leur donner du courage. 

Donner aux femmes une chance de faire part de leurs expériences douloureuses et, finalement, de trouver un soulagement sert de thérapie collective gratuite et ouverte à toutes. Partout, les femmes peuvent dire « moi aussi », que ce soit pour dire que cela leur est arrivé ou qu’elles apportent leur soutien à la cause.

Deuxièmement, ce mouvement a permis de mettre l’accent sur les responsabilités et de lutter contre l’impunité. Jusqu’ici, cela a été difficile à réaliser, les personnes influentes pouvant commettre des délits en toute impunité. 

Nous devons considérer le mouvement #MeToo comme une étude de cas prouvant que nous sommes tous égaux devant la loi. La campagne doit aller plus loin, visant à ce que ceux qui élaborent les lois et occupent des fonctions électives dans les pays du monde entier aient des moyens efficaces de combattre l’impunité. 

À ONU-Femmes, nous utilisons notre présence mondiale pour soutenir ce grand mouvement afin que personne ne soit laissé de côté.