Exploitation sexuelle: discussions avec les Etats Membres

Date d': 
Lundi, 24 Juillet 2017

New York | iSeek

Des représentants de haut niveau des Nations Unies et des Etats Membres se sont rencontrés récemment pour discuter de la lutte contre les atteintes et l’exploitation sexuelles, une priorité pour le Secrétaire général. Présidée par les secrétaires généraux adjoints en charge du maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, et de l’appui aux missions, Atul Khare, cette réunion s’est déroulée le 13 juillet 2017 au Siège des Nations Unies, devant un parterre de représentants de plus de 60 missions permanentes.

Les discussions ont porté sur les propositions faites pour améliorer les investigations et la coopération entre les Etats membres et les Nations Unies, pour promouvoir une plus grande responsabilisation et renforcer l’assistance aux victimes. Ont aussi été abordées les normes d’investigations pour les personnels en uniformes et les directives opérationnelles contenues dans la Résolution 2272 (2016) du Conseil de sécurité sur les atteintes et l’exploitation sexuelles par les Soldats de la paix.

En ouverture de la réunion, M. Khare a insisté sur le fait que « l’exploitation sexuelle cause non seulement des dégâts terribles chez les victimes mais compromet aussi la réputation de l’Organisation et la mise en application des Objectifs de développement durable ».

M. Lacroix, quant à lui, a dit que « le Secrétaire général a été clair : rien ne sera négligé en ce qui concerne les allégations d’atteintes et d’exploitation sexuelles ». La Politique mise en place par le Secrétaire général s’applique à tous les membres du personnel, dans l’ensemble du système et ne se limite pas aux Casques bleus.

Une des difficultés que rencontre l’Organisation, à savoir la capacité à punir les coupables, vient du fait que la juridiction légale appartient aux Etats Membres. Le Secrétaire général a demandé à tous les Etats Membres d’étudier comment mettre fin à l’impunité dans le cadre de systèmes légaux différents, et signer des contrats bilatéraux avec lui, qui seront présentés lors de la rencontre de haut niveau sur le sujet qui se tiendra le 18 septembre en marge de l’Assemblée générale.

« La responsabilité criminelle vous incombe », a dit M. Lacroix, ajoutant : « si nous ne tenons pas les coupables pour responsables, le sentiment d’impunité persistera ».

« Tout en responsabilisant les Etats membres, nous devons renforcer nos propres mesures en internes, a dit M. Khare, insistant sur le fait que l’ONU continue à imposer des sanctions à ses personnels civils soupçonnés d’être impliqués dans des cas d’atteintes et d’exploitation sexuelles. Celles-ci incluent la mise en congés administratif sans traitement, la retenue sur salaires, la privation de l’assurance-maladie et autres avantages sociaux.

Les Etats membres ont été unanimes dans leur engagement à faire respecter la politique de tolérance zéro des Nations Unies, et bon nombre d’entre eux ont souligné leurs efforts dans les domaines de la prévention, de l’investigation et de l’assistance aux victimes.

Cette réunion a suivi de peu la conférence avec les Chefs d’état-major, au cours de laquelle plus de 100 responsables militaires ont discuté des questions liées au maintien de la paix, dont la conduite et discipline.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur les pages iSeek consacrées à l’action des Nations Unies face à l’exploitation et aux atteintes sexuelles.