Exploitation et abus sexuels : un sujet pas comme les autres

Date d': 
Mardi, 05 Septembre 2017

Kinshasa | MONUSCO | Joseph Tshimanga

Traiter d’une allégation ou d’un cas d’abus sexuel n’est pas pour les journalistes un sujet comme les autres. De même pour l’exploitation sexuelle. Afin d’aider les journalistes à être mieux préparés pour couvrir ce genre d’actualité, la MONUSCO a organisé le 18 août à Kinshasa un atelier de formation auquel ont participé 50 représentants des médias.

Dans un premier temps, Adama Ndao, chef de l’unité conduite et discipline de la MONUSCO, a expliqué ce que constitue, pour les Nations Unies, un abus sexuel : il s'agit d'un viol, ou d'attouchements non consentis par la victime. Elle a rappelé qu’en ce qui concerne les mineurs, il ne peut y avoir de consentement et tout acte sexuel avec une personne de moins de 18 ans est considéré comme un viol.

La définition de l’exploitation sexuelle est plus difficile à saisir. Il s’agit d’une relation qui peut paraitre consentie, mais qui est basée sur une transaction, que ce soit en argent ou en nature. Le personnel des Nations Unies ne peut avoir de relation avec des personnes dites vulnérables qui accepteraient de se soumettre à des faveurs sexuelles en contrepartie d’une protection, d’argent ou de dons quelconques.

« Nous avons une politique de tolérance zéro pour les abus comme pour les cas d’exploitation sexuelle », a déclaré Mme Ndao. Elle a expliqué les sanctions qui pouvaient être appliquées aux employés fautifs et indiqué que dans les cas de grossesse, désormais des tests ADN étaient faits pour établir la paternité.

Dans un souci de transparence, les journalistes -tout comme le grand public - peuvent à tout moment savoir où en sont les allégations concernant des employés de la MONUSCO, en consultant le site https://conduct.unmissions.org/. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a détaillé le soutien psychologique et médical apporté aux victimes dans le cadre de la réponse du système des Nations Unies à l’exploitation et aux abus sexuels.

Les journalistes ont également reçu des conseils pour préparer des entretiens avec les victimes, qui sont particulièrement vulnérables.

Cette formation, qui doit être répliquée à Goma, entre dans le cadre d’un projet de soutien à la communication en faveur des victimes, piloté par le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU à la MONUSCO ainsi qu’à la Mission de l’ONU en République centrafricaine (MINUSCA).

Pour plus d'information, rendez-vous sur les page iSeek consacrées à la réponse des Nations Unies contre les atteintes et l'exploitation sexuelles.