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Déclaration de la Côte d'Ivoire apès le Briefing sur la situation en Libye par Mr Ghassan Salamé.

Mercredi, 17 Janvier 2018
Presenter: 
S.E.M.BERNARD TANOH-BOUTCHOUE, AMBASSADEUR, REPRESENTANT PERMANENT
Lieu: 
CONSEIL DE SECURITE

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi de remercier Monsieur Ghassam Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Libye (MANUL), pour la qualité de son exposé sur la situation libyenne, et lui exprimer le soutien de mon pays aux efforts qu’il déploie en faveur de la paix en Libye.

 

Je voudrais également saluer le travail accompli par le personnel de la MANUL dans des conditions difficiles.

 

A Madame Hajet Sharief, je voudrais adresser mes sincères remerciements pour la pertinence de son intervention et son engagement permanent pour faire entendre la voix des femmes et des jeunes dans le processus démocratique dans lequel son pays s’engage.

 

Enfin, je voudrais saluer Son Excellence Madame Irina Schoulgin Nyoni, Représentante permanente adjointe de la Suède, pour le 27ème rapport du Comité du Conseil de Sécurité créé en vertu de la résolution 1970 de 2011.

 

Notre réunion m’offre l’opportunité d’évoquer les préoccupations de mon pays, relatives à la mise en œuvre de l’Accord Politique Libyen et à la situation humanitaire et sécuritaire.

 

     Monsieur le Président,

 

Je me réjouis de l’engagement constant de la communauté internationale aux côtés du peuple libyen, dans sa quête de paix et de stabilité, notamment depuis la signature à Skirat, au Maroc, de l’Accord Politique Libyen. Cet important Accord demeure, en dépit de ses contraintes, le cadre de référence devant conduire le pays à une transition démocratique crédible et inclusive, et à une solution politique durable.

 

À cet égard, mon pays se félicite de la dernière déclaration du Conseil en date du 14 décembre 2017 sur la situation en Libye, par laquelle il a réaffirmé la continuité de l’Accord politique, tout au long de la période de transition dans laquelle le pays est engagé. Cette décision de notre Conseil a permis de dissiper toutes les incertitudes relatives au processus politique, et à favoriser la poursuite des discussions entre les parties prenantes libyennes.

 

     De même, l’appui de notre Conseil au séquençage des opérations déclinées dans le plan d’action devrait, de l’avis de ma délégation, permettre aux autorités et au peuple libyens de jeter les bases d’une réforme constitutionnelle consensuelle, préalable à la réussite des futures échéances électorales.

 

     Ma délégation salue, dans ce sens, les efforts entrepris par le Représentant Spécial du Secrétaire général, dans le cadre du dialogue politique entre les parties libyennes, et les invite à adresser, sans délai et dans l’intérêt du peuple libyen, les questions pendantes, notamment, la recomposition du Conseil présidentiel, la formation d’un gouvernement d’union représentatif, ainsi que la mise en place d’une armée unifiée.

 

     Le processus politique en Libye est entré dans une phase décisive, qui nécessite que tous les acteurs impliqués dans la recherche de la paix dans ce pays frère travaillent désormais ensemble à une sortie de crise durable. Aucune autre initiative ne ramènera la paix et la stabilité en Libye. Mon pays encourage donc les pays voisins de la Libye, ainsi que la France, l’Union Africaine, l’Union européenne et les Nations Unies à œuvrer ensemble, afin d’offrir aux Libyens la paix qui plus que jamais est à leur portée.  

 

     Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire salue les importantes initiatives politiques prises récemment par la France, qui ont notamment permis au Premier Ministre Sarraj et au Maréchal Haftar de se parler directement. Mon pays félicite et rend également hommage à l’Union africaine, pour sa remarquable implication dans la recherche de la paix en Libye, dès les premières heures de ce conflit.

 

     Le Gouvernement ivoirien se réjouit de l’adoption de la feuille de route de l’Union Africaine sur la Libye, et des efforts inlassables du Président Denis SASSOU N’GUESSO, Président du Comité de haut niveau de l’Union Africaine sur la Libye. Ces efforts, qui ont abouti à la rencontre des Chefs de tribus libyennes en novembre 2017 à Brazzaville, et à celle des principaux protagonistes de la crise, ont contribué au renforcement du dialogue entre toutes les parties. Mon pays invite l’Afrique et l’Europe à se rapprocher davantage pour soutenir la détermination du peuple libyen à parvenir à la paix.

 

     Ces progrès politiques importants doivent être pris en considération, afin que la conférence nationale prévue en février prochain tienne toutes ses promesses.

 

 

 

 

 

     Monsieur le Président,

 

     Au chapitre de la situation humanitaire et sécuritaire, ma délégation reste préoccupée par les nombreuses violations des droits de l’Homme, occasionnées en majeure partie par les milices armées et les groupes terroristes, qui empêchent l’État d’étendre son autorité sur l’ensemble du territoire et d’y maintenir l’ordre.

 

     La situation sécuritaire en Libye constitue une réelle source d’inquiétude pour la communauté internationale, qui craint l’enracinement du Groupe Etat islamique et de plusieurs groupes terroristes, dans ce pays déjà marqué par la prolifération des milices armées.

 

     Nous devons parallèlement au processus politique, afin de garantir son succès, nous attaquer également à la question des milices armées et aux conséquences du repli en Libye des djihadistes et des combattants étrangers défaits en Syrie et en Iraq. La présence de ces combattants fait peser une grave hypothèque sur la stabilité et la paix en Libye, et contribue à la déstabilisation de la région sahélo- saharienne.

 

     Il n’y a pas d’alternative à la fermeté en Libye contre les groupes terroristes, les trafiquants d’êtres humains et les réseaux de passeurs, si l’on veut construire durablement la paix et faire cesser les actes ignobles d’esclavage, de vente d’êtres humains et de traitement inhumain contre les réfugiés, que nos pays ont tous condamnés. J’invite dans ce cadre la communauté internationale à s’approprier la déclaration commune du 5ème sommet Union Africaine (UA)-Union Européenne (UE), qui s’est tenu du 29 au 30 novembre 2017 a Abidjan, afin de mettre fin à cette situation dégradante et protéger la vie et la dignité des migrants et des refugiés.

 

     Je voudrais, avant de conclure, exprimer les vives protestations de ma délégation contre l’exportation illicite de pétrole brut dont vient de nous informer Son Excellence Madame Irina Schoulgin Nyoni. Ce commerce, source de financement des groupes armés, est de nature à prolonger inutilement la souffrance du peuple libyen, et à compliquer le règlement du conflit qui déchire ce pays. L’ONU et notre Conseil ne peuvent courir le risque de laisser prospérer ce commerce illicite et devraient, par conséquent, prendre toutes les mesures nécessaires afin d’y mettre un terme.

 

     Monsieur le Président,

 

     Ma délégation tient à réitérer ses félicitations à Monsieur Ghassan Salamé pour l’excellent travail qu’il réalise dans le cadre de son mandat, et exhorte la communauté internationale à lui apporter, ainsi qu’aux institutions libyennes, notamment la Haute Commission Électorale nationale, tout le soutien nécessaire à la bonne tenue et à la réussite du processus électoral.

 

 

Je vous remercie de vo