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DECLARATION CONJOINTE DES CO-ORGANISATEURS DE LA REUNION EN FORMULE ARRIA DU CONSEIL DE SECURITE SUR LES ELECTIONS EN R.D.C

Date d': 
Lundi, 12 Février 2018

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire, la Guinée équatoriale, la France, les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis ont organisé une réunion informelle du Conseil de sécurité « en formule Arria » sur les élections en république démocratique du Congo (RDC). Les co-organisateurs de la réunion ont abordé la question du renforcement de la coordination et du suivi conjoints des progrès par le Conseil de sécurité et les acteurs régionaux en faveur d’élections en RDC.

Les intervenants, les membres du Conseil de sécurité et les participants ont mis l’accent sur la nécessité d’un transfert de pouvoirs pacifique et démocratique par le biais de la tenue d’élections crédibles en RDC le 23 décembre 2018, comme annoncé par la publication du calendrier électoral de la Commission électorale nationale indépendante (la CENI) en novembre 2017. Ils se sont félicités des progrès réalisés à ce jour mais se sont accordés sur le fait que la CENI devait respecter le reste des objectifs présentés dans le calendrier électoral. Cela inclut le nettoyage des listes électorales, la réalisation d’un audit des inscriptions et le respect des échéances pour l’enregistrement des candidats pour que soit assuré le respect de la date du 23 décembre pour la tenue des élections. Les participants ont également abordé la question du plan que la CENI prévoit de mettre en œuvre, pour la première fois dans l’histoire de la RDC, à savoir, une technologie de scrutin électronique dans le pays tout entier, le jour-même de l’élection. Certains membres du Conseil ont exprimé des préoccupations quant au déploiement de machines sans tests ni consensus et se sont accordés sur le fait qu’une transparence entière de la part de la CENI sur la conduite de tous les aspects du processus électoral était requise pour une confiance accrue dans le processus et pour une assurance de l’acceptation de toutes les parties prenantes.

Les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de l’engagement public du président de la RDC, M. Kabila en faveur d’élections en décembre 2018 et ont rappelé qu’un engagement public de sa part à ne pas briguer de troisième mandat ou à ne pas changer la constitution serait crucial pour instaurer la confiance envers le processus électoral. Ils ont réitéré le fait qu’une mise en œuvre efficace, rapide et opportune de l’Accord de la Saint Sylvestre est essentielle à un processus électoral crédible, ainsi qu’à la paix et à la stabilité de la RDC. Les membres ont relevé que la mise en œuvre de l’accord, la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires motivées par la politique, le respect de la liberté de réunion et d’expression sont essentiels à l’instauration de l’espace politique nécessaire pour des élections crédibles. Ils ont mis l’accent sur le fait que les appels à tout changement anticonstitutionnel ou antidémocratique vont à l’encontre des normes de la démocratie et de l’Accord de la Saint Sylvestre, et ont vivement encouragé toutes les parties à s’engager en faveur d’élections en décembre 2018. Ils ont souligné le fait que des élections crédibles ne seraient pas possibles sans que tous les candidats soient mis sur un pied d’égalité, dans le cadre d’un processus politique inclusif, ouvert à tous les citoyens de la RDC, hommes et femmes, où l’on peut s’exprimer librement, sans crainte de violences. Les co-organisateurs de cette réunion du Conseil de sécurité ont appelé tous les acteurs politiques en RDC à contribuer à un environnement pacifique lors du processus de préparation des élections, en évitant les provocations telles que la violence et les discours séditieux susceptibles d’avoir un effet, d’une manière ou d’une autre, sur l’apogée pacifique de cet important processus.

Les membres du Conseil de sécurité organisateurs de cette réunion et les dirigeants régionaux africains ont accepté de continuer à suivre de près les développements en RDC et de travailler de concert pour soutenir des élections crédibles en faveur d’un transfert de pouvoir pacifique et démocratique. Ils ont en outre souligné le rôle essentiel de l’ONU, y compris par le biais des bons offices du Secrétaire général, et de la MONUSCO pour soutenir le processus électoral comme convenu avec la CENI alors que l’important dialogue politique se poursuit dans le but d’instaurer la confiance dans le processus électoral.

Les co-organisateurs de la réunion ont mis l’accent sur la nécessité d’une prise en charge du commerce illicite de minéraux précieux et d’armes par des parties tierces en RDC, dans le but de mettre fin à ces actions qui alimentent le conflit et favorisent un environnement non sécuritaire qui nuit au processus électoral.

Ils se sont en outre félicités de la constitution d’une équipe conjointe d’experts des Nations unies, de l’Union africaine, de la Conférence internationale de la région des Grands lacs, de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la francophonie. Ils ont encouragé les partenaires internationaux et bilatéraux à contribuer au financement du fonds multipartenaires pour le Projet d’appui au cycle électoral au Congo (PACEC), ils ont également appelé les autorités congolaises à permettre une mise en œuvre adéquate et opportune du PACEC, y compris en s’en faisant les signataires.