L’implication des enfants dans les groupes armés: étude de cas

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Vendredi, 23 Février 2018

Worldwide | DPKO

L’Université des Nations Unies (UNU), avec le Département des opérations de maintien de la paix et les gouvernements du Luxembourg et de la Suisse, a présenté le 12 février une nouvelle étude intitulée « Cradled by conflict -  Child Involvement with Armed Groups in Contemporary Conflict ».

Cette étude a pour toile de fond les conflits actuels et les nouveaux défis posés par l’extrémisme violent et la radicalisation. Analysant les cas de la Syrie, de l’Irak, du Mali et du Nigeria, elle a pour objectif de permettre de mieux comprendre, par l’usage de la preuve, la façon dont les enfants sont utilisés par les groupes armés non étatiques, et comment les en sortir.

Alors que la perception générale veut que les idéologies radicales jouent un rôle important dans le recrutement des enfants au sein des groupes armés non étatiques, l’étude dévoile une image plus nuancée. L’idéologie est rarement la motivation première de ces enfants pour rejoindre les groupes armés, et si elle joue un rôle, cela reste un facteur parmi d’autres à influencer les enfants dans leur trajectoire au sein des groupes armés. De plus, l’étude montre qu’il n’existe pas d’ensemble de facteurs préétablis incitant les enfants. Par conséquent, les programmes pour prévenir ces recrutements devraient éviter de se concentrer uniquement sur l’idéologie et adopter une approche plus large et spécifique à chaque contexte.

Le désengagement de ces enfants des groupes armés non étatiques est tout aussi complexe. Alors que la démobilisation de groupes entiers dans le cadre d’accords de paix reste normalement un processus discret, le désengagement des enfants est un processus qui peut être long.

Un autre aspect de l’étude montre l’impossibilité pour les enfants de rester neutres face aux groupes armés. Quand de tels groupes contrôlent un territoire et restent les seuls fournisseurs des services de base comme l’emploi ou la sécurité, les rejoindre peut parfois être la seule stratégie réaliste de survie pour les enfants.

Cette étude est le résultat d’un projet de deux ans et permettra la rédaction de politiques programmatiques pour les professionnels de la question sur le terrain qui travaillent à la protection des enfants associés aux groupes armés non étatiques. La Section Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) du Bureau de l’état de droit et des institutions chargées de la sécurité (OROLSI) du DPKO a contribué financièrement au projet et a facilité les contacts avec des professionnels sur le terrain.

L’étude dans son intégralité est disponible ICI.