* en anglais
BigLogo.gif UN Member States on the Record
L'ONU et INTERPOL partenaires contre la criminalité transnationale organisée
24 mars 2009 / 03:47

[New York  |  Auteur : DOMP]Secretary-General BAN Ki-moon meets with Ronald Noble, Secretary General of the International Criminal Police Organization (INTERPOL), at UN Headquarters in New York (Credit: UN Photo 143708 / Mark Garten)

Le Siège de l'ONU a été, lundi 23 mars, le théâtre d'une rencontre entre le Secrétaire général d'INTERPOL, M. Ronald K. Noble et le Secrétaire général des Nations Unies, M. BAN Ki-moon. M. Noble a informé 33 représentants permanents des activités actuelles d'INTERPOL et a tenu des discussions avec des officiels de haut niveau du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP).

 

L'Organisation internationale de police criminelle, INTERPOL, est la plus grande organisation internationale de police, avec 187 Etats Membres. Créée en 1923, son rôle est de faciliter la coopération policière transfrontalière et de soutenir et d'assister toutes les organisations, autorités et services dont la mission est d'empêcher ou de combattre la criminalité transnationale.

 

Le Secrétaire général d'INTERPOL, M. Noble, et le Conseiller pour les questions de police, M.Andrew Hughes, ont brièvement informé 33 représentants permanent sur la prochaine assemblée générale d'INTERPOL dont le thème est "Le rôle de police internationale pour bâtir une sécurité durable", et sur la réunion ministérielle sur ce même thème qui doit se tenir à Singapour en octobre 2009.

 

Au début de cette réunion d'information, le Secrétaire général a dit que depuis quelques années, les dirigeants mondiaux et les politiques de premier plan ont pris de plus en plus conscience du rôle central de la police dans la consolidation de la paix et pour mettre en place un sécurité durable, et a souligné le besoin de compléter les effectifs militaires par des forces de police dans les opérations internationales de maintien et de consolidation de la paix. La meilleure illustration en est une augmentation massive des effectifs de polices de l'ONU, qui sont passés de 2400 en 1999 à 10 629 dix ans plus tard.

 

"Les missions de police dans les opérations de maintien de la paix sont devenues de plus en plus complexes au cours de la dernière décennie, les policiers passant de la simple 'observation, surveillance et rapport' à 'des opérations réelles', puis à 'la réforme, la restructuration et le reconstruction' des institutions et services policiers dans des environnements de post-conflit. Cela a ensuite mené à un besoin critique de la présence d'officiers de police spécialisés", a souligné M. BAN, qui a aussi invité les Etats Membres à redoubler leurs efforts pour nommer des officiers de police féminins qualifiés, pour augmenter la confiance des femmes et des enfants déplacés dans des endroits où l'ONU mène des opérations de paix.

 

"Les activités criminelles, telles que le trafic de drogue et d'armes, alimentent les guerre en fournissant aux belligérants des ressources pour financer leurs coûteuses activités militaires. les conflits passés ont clairement démontré que les guerre qui ne sont alimentées par des profits criminels tendent à finir plus rapidement", a répété le conseiller police, M. Andrew Hughes, qui dirige la Division Police du DOMP, et il a ajouté que "les pays se remettant de conflits aujourd'hui demandent un effort de déployement de police plus important  de la part de la communauté internationale, pour le plus grand bénéfice de la sécurité nationale, régionale et mondiale. Cela s'avère particulièrement vrai quand les conséquences des conflits menacent la stabilité régionale et internationale".

 

Comme l'ont rapporté différentes agences de l'ONU, la criminalité organisée et le trafic de drogues sont une menace majeure pour la paix, la sécurité et le développement durable dans la sous-région de l'Afrique de l'ouest. Sapant l'Etat de droit et menaçant la sécurité humaine, les éléments criminels utilisent de plus en plus la région comme une zone de transit pour les narcotiques de l'Amérique latine vers l'Europe. Reconnaissant que cela menace les missions de paix, le DOMP a mis en place des discussions de travail avec INTERPOL, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Bureau de l'Afrique de l'ouest (UNOWA), sur les besoins d'une coopération policière internationale pour la région. Dans une approche similaire, en octobre 2008, la Conférence ministérielle du Cap-Vert  fut organisée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), et une déclaration politique a été adoptée, ainsi qu'un plan d'action régionale de lutte contre le trafic de drogues. L'ONUDC, l'UNOWA, et INTERPOL ont reconnu que le DOMP devait être un partenaire du plan d'action.

 

En réponse à cette initiative, et dans l'objectif de fournir l'assistance technique et de développer des capacités nationales pour prévenir et combattre plus efficacement la criminalité organisée et le trafic de drogue, le DOMP, INTERPOL, l'ONUDC, le Département des affaires politiques et l'UNOWA ont formé la West Africa Coast Initiative, un partenariat pour aider à la mise en place du plan d'action de la CEDEAO.

 

Pendant sa réunion avec M. Noble, le SG a totalement approuvé les intentions d'INTERPOL de mettre au coeur des travaux de son AG les questions de police internationale dans le maintien de la paix, puisque, selon ses propos, "la police professionnelle est cruciale pour engendrer la paix et la justice". Il a salué l'approche collaborative d'INTERPOL vis-à-vis des l'ONU sur cette question et dans sa tentative de porter la question de la police internationale dans le maintien de la paix au plus haut niveau politique de prise de décision, par le biais de la réunion ministérielle.

 

Au cours de leur entretien, M. BAN et M. Noble ont aussi discuté des possibilités de mettre en place un cadre pour une plus grande coopération entre les deux organisations sur le sujet de la prévention du crime et de justice criminelle, dans le respect de la mise en place des responsabilités des opérations de maintien de la paix ou des missions politiques spéciales gérées par le DOMP. Ceci inclut une coopération en relation avec les responsabilités afférentes à l'intérim de l'application de la loi, le soutien de sécurité aux forces nationales de police et autres entités de sécurité et l'assistance au développement de ces entités.

 

Le SG a salué le partenariat entre INTERPOL et la famille des Nations Unies (DOMP, DPA-UNOWA, ONUDC) pour soutenir la mise en place du plan d'action de la CEDEAO, et il a dit toute la confiance qu'il mettait dans la validité de cette expérience pour des pays et des régions menacés par le trafic de drogues et autres menaces sérieuses de crime organisé.

 

Le SG a souligné que, de son côté, "l'ONU travaillera à sensibiliser, mobiliser le soutien politique, coordonner et conseiller, former aux spécialités de police et d'application de la loi, et fournir des directives et son expertise sur les questions de police par le biais de ses quatre missions de maintien de la paix dans la région (ONUCI, MINUL, UNIPSIL, UNOGBIS)", ajoutant qu'"il recommandera au Conseil de sécurité de mettre en place un mécanisme de surveillance de la mise en place du plan d'action de la CEDEAO, et pressera Tous les Etats Membres, les partenaires en développement et la communauté des donateurs de mobiliser les ressources financières nécessaires pour soutenir dette initiative plus que nécessaire".