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La sexospécificité prise en compte dans la lutte contre les mines
29 septembre 2008 / 04:18

[Brindisi | Auteur : Service de la lutte antimines]United Nations Mine Action Service Policy Coordinator Gabriele Russo during a workshop organized by the UN Mine Action Team at the UN Logistics Base in Brindisi, Italy, September 23-25 | Credit: UN Mine Action Service

Les efforts entrepris depuis 4 ans pour intégrer la sexoparité dans les programmes de lutte contre les mines ont été examinés au cours d'un atelier organisé par le Service de la lutte antimines des Nations Unies sur la base logistique de Brindisi, du 23 au 25 septembre. Les pratiques optimales et les leçons apprises ont été analysées et consolidées afin de former le futur personnel, et de pouvoir planifier en conséquences les programmes de lutte antimines conduit ou soutenus par les Nations Unies.

 

L'équipe de la lutte antimines des Nations Unies a développé un Gender Guidelines for Mine Action Programmes en 2005 pour aider à mettre en place des programmes plus efficaces, rentables et adaptés culturellement. L'atelier a accueilli 25 participants venant de 5 entités des Nations Unies, 2 ONG et 3 programmes nationaux de lutte contre les mines pour qu'ils puissent profiter de l'expérience acquise de l'application de ces lignes de conduites depuis leur publication.

 

"Nous sommes à un moment crucial du cycle d'apprentissage de l'organisation" a déclaré Gabriele Russo, le Coordonnateur des politiques du Service de la lutte antimines. "Nous avons organisé cet atelier pour identifier avec précision ce que nous avons appris et pour partager ces connaissances avec tous les responsables de programmes d'action soutenus par les Nations Unies"

 

En 1997, le Conseil économique et social a défini la sexospécificité comme "le processus d'évaluation des implications des hommes et des femmes dans toutes actions planifiée".

 

Les recherches ont montré que  les mines terrestres affectaient les hommes, les femmes et les enfants de façons différentes. Les programmes de lutte contre les mines qui intègrent ces différences sont les mieux à même d'avoir les effets les plus efficaces et tirer avantages de faibles ressources.

 

Selon Ibrahim Ismaeel, spécialiste des programmes de lutte contre les mines en Irak, "la sexospécificité est un outil très important du changement positif". Il explique que les services d'éducation de la lutte contre les mines qui orientent leurs formations différemment selon qu'ils agissent auprès d'hommes, de femmes ou d'enfants, ont le plus de chance d'avoir un impact au long terme sur le comportement des gens.

 

Samim Hashimi, responsable de projet dans le domaine de l'éducation à la lutte antimines du Centre de lutte antimines pour l'Afghanistan dit : "Nous devons garder à l'esprit les différences de niveaux en ce qui concerne l'alphabétisation des femmes et des hommes, dans une communauté particulière. Il ajoute : "le Coran dit que les hommes et les femmes doivent être traités de la même façon et qu'ils doivent avoir les mêmes chances dans la vie. Je le rappelle aux dirigeants religieux et aux politiciens dans mon travail en Afghanistan. Nous devons respecter la culture locale tout en ayant un dialogues constructif sur les questions de genre".

 

"Nous espérons qu'à la fin de cet atelier, chacun d'entre nous aura une vision plus claire de ce qu'il faut faire", dit Gabriele russo. Un des objectifs de cet atelier est de fournir une référence des pratiques optimales et des leçons acquises, pour mettre en place des plans d'action nationaux qui prennent en compte la question de la sexospécificité dans les programmes de lutte antimines. "Nous voulons partir d'ici avec un ensemble d'exemples pratiques de mise en place et d'études de cas qui permettront de réviser le Gender Guidelines for Mine Action Programmes à la lumière de nos expériences".

 

Le Service de la lutte antimines des Nations Unies appartient au Bureau de l’état de droit et des institutions chargées de la sécurité du Département des opérations de maintien de la paix. Ce service est le point focal de 14 départements, programmes, agences, et fonds des nations unies qui composent l'équipe de lutte antimines des Nations Unies.

 

Les Organisations de cette équipe représentées au cours de cet atelier sont le Service de la lutte antimines des Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour le développement, l'UNICEF, le Bureau de coordination des affaires humanitaires et le Haut-commissariat aux réfugiés. Chacune de ces 5 entités a une politique relative à la sexospécificité.

 

L'importance de l'égalité des sexes dans les programmes d'action contre les mines a en premier lieu été exprimée par le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1325 (en 2000) sur les femmes, la paix et la sécurité, qui mettait l'accent sur "le besoin de toutes les parties de s'assurer que les programmes de déminages et d'éducation sur les dangers que représentent les mines prennent en compte les besoins spéciaux des femmes et des filles".