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Réunion de l'AG sur l'Afrique : traduire les "visions en actions"
19 septembre 2008 / 04:08

USG Cheick Sidi Diarra, Special Adviser on Africa, addresses a press conference on the key development issues facing the African countries and its international partners, including a preview of the goals of the 22 September General Assembly high-level meeting on the development needs of Africa | Credit: UN Photo 193429 Paulo Filgueiras[New York | Auteur : iSeek]

Vendredi 19 septembre, à la veille de la  Réunion de haut niveau sur les besoins en développement de l'Afrique   , qui commence aujourd'hui, lundi 22 septembre, à New York, le Secrétaire général adjoint Cheick Sidi Diarra, Conseiller spécial sur l'Afrique   , a expressément demandé aux dirigeants mondiaux de tenir leurs promesses de faire avancer les progrès du continent.  Plutôt que de faire de nouvelles promesses, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse le 18 septembre, ils devraient mener à terme leurs engagements existants et "traduire leur vision en action". 

 

M. Diarra a souligné les messages principaux d'un nouveau rapport du Secrétaire général intitulé "Africa's development needs: state of implementation of various commitments, challenges and the way forward" ( A/63/130   ), qui note que tandis que la plupart des économies africaines évoluent plus rapidement qu'il y a dix ans, le continent reste "hors de la course" dans sa quête de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et autres objectifs dans le domaine du développement.

 

Le rapport est un bilan complet des réalisations et manquements, analyses et recommandations et a été mandaté par l'Assemblée générale pour sa réunion de haut niveau, à laquelle quelques quarante huit chefs d'Etat et de gouvernement sont supposés participer.

 

La réunion, a noté M. Diarra, sera une "opportunité extraordinaire" pour les Etats Membres de l'ONU d'évaluer les actions prises par l'Afrique, les pays donateurs, l'ONU et le reste de la communauté internationale depuis que les dirigeants africains ont adopté le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) en tant que plan majeur pour le développement du continent en 2001.

 

M. Diarra a également souligné que la réunion de haut niveau se tient à mi-chemin de la campagne mondiale pour les OMD et que les inquiétudes grandissent face à la position de l'Afrique vis-à-vis des autres régions mondiales.  Le rapport du SG indique que tandis qu'un certain nombre de pays africains ont réalisé des progrès notoires au regard des certains objectifs sur la base des tendances actuelles, aucun pays africain n'est susceptible de réaliser tous les OMD d'ici à 2015.  Le SG avait déjà mentionné ce fait dans sa déclaration du 19 septembre à l'occasion de la commémoration au Siège de la Journée internationale de la paix.  Deux cinquièmes de la population africaine vit dans l'extrême pauvreté.  En plus des défis de l'extrême et persistante pauvreté, l'Afrique se heurte également à plusieurs problèmes menaçants : une crise alimentaire globale, des changements climatiques profonds et la forte augmentation des prix de l'énergie.

 

M. Diarra a insisté sur l'importance, non seulement pour l'Afrique, de trouver des solutions à de tels défis.  "Les problèmes de développement de l'A

frique sont les problèmes de tout le monde".  Le rapport du S ecrétaire général, a-t-il expliqué, examine les initiatives de l'Afrique et de ses partenaires du développement pour surmonter de telles difficultés.  Cependant, le rapport souligne que les engagements des deux côtés "ne sont que partiellement réalisés". 

 

Le 22 septembre, quelque 15 séminaires et ateliers, organisés par les agences et programmes des Nations Unies, se tiendront aux côtés des tables rondes des chefs d'Etat.  Ceux-ci engageront des chefs d'Etat, des entreprises et des organisations non gouvernementales dans de nombreuses questions prioritaires africaines.  Le programme des séminaires et des ateliers est disponible sur le site internet   de la réunion de haut niveau .

Aide

 

En 2005, une Réunion au sommet du Groupe des Huit pays industrialisés (G-8) a accepté de doubler l'aide vers l'Afrique d'ici à 2010.  L'année suivante, l'aide au développement officielle à l'Afrique (excluant l'allègement de la dette) a seulement augmenté de 8 pourcent, et depuis, souligne le SG, "les donateurs prennent du retard".  Une part plus importante de l'Aide de l'Union Européenne est attribuée à l'Afrique, atteignant ainsi 62 pourcent en 2006, bien qu'en 2007, il y ait eu une légère baisse dans les engagements d'aide de l'UE.  Le SG propose que les finances externes pour le développement en Afrique atteignent 72 milliards de dollars annuels pour soutenir la réalisation des OMD.

 

Le Secrétaire général mentionne aussi le fait qu'en dépit des améliorations dans la manière dont les donateurs offrent leur aide à l'Afrique, les programmes d'aide manquent souvent de coordination et ne portent que partiellement sur les priorités de développement nationales des pays receveurs de l'aide.  Ses critiques n'épargnent pas l'ONU, où il y a eu une tendance à "soutenir une prolifération d'activités liées à l'Afrique, qui créer de l'incohérence". 

 

Dette

 

La dette constitue l'un des domaines positifs.  En juillet 2008, 19 pays africains bénéficiaient de réductions importantes de leur dette officielle envers les gouvernements et institutions multilatérales.  Par conséquent, la dette officielle totale de l'Afrique est passée de 205,7 milliards de dollars en 1999 à 144,5 milliards de dollars en 2007.  Cependant, le Secrétaire général met en garde et rappelle que la dette privée de l'Afrique a augmenté de 92,4 milliards de dollars à 110,2 milliards de dollars au cours de la même période.  L'allègement de la dette devrait être étendu aux autres pays africains, a-t-il recommandé.

 

Commerce

 

Les progrès dans l'amélioration des perspectives de commerce en Afrique ont été très limités, explique le SG.  Le Cycle de Doha des négociations commerciales multilatérales se trouve dans une "phase critique", a-t-il noté.  Les pays africains ont fait pression pour obtenir une réduction des subventions agricoles de l'UE, des Etats-Unis, du Japon et du Canada, qui se sont élevées à 750 milliards de dollars depuis 2001 et qui déprécient considérablement les prix du marché mondial pour les exportations agricoles africaines.  Le SG demande une réduction de telles subventions agricoles ainsi que d'autres réformes commerciales pour améliorer l'accès au marché pour les exportateurs africains.

 

M. Diarra a expliqué que pour mieux s'engager dans le commerce, l'

Afrique doit améliorer ses  infrastructures, notamment son système ferroviaire, ses ports et ses systèmes d'alimentation.  Le continent a besoin de quelque 52,2 milliards de dollars par an d'investissements publics et privés pour résoudre ses problèmes d'infrastructure, "condition préalable pour connecter les marchés africains au reste du marché mondial".   

 

Paix et sécurité

 

Pour aider l'Afrique à mieux résoudre ses conflits armés, en 2005, le G-8 a promis, de former 25 000 gardiens de la paix africains et de fournir une assistance technique à la Force en attente africaine de l'Union africaine.  Les Etats-Unis devraient former quelque 75 000 troupes en Afrique d'ici 2010 et l'UE transféra 250 millions d'Euros aux efforts de paix et de sécurité de l'Union africaine entre 2005 et 2007.  Le SG note cependant qu'une telle assistance du G-8 s'est opérée "sur une base non harmonisée et ad-hoc". 

 

Actions africaines

 

Les pays africains eux-mêmes doivent en faire davantage pour améliorer les revenus nationaux et la productivité de leurs économies, a expliqué le SG.  Pour soutenir le programme de développement agricole du NEPAD, les gouvernements africains ont promis en 2003 de consacrer 10 pourcent de leurs dépenses publiques à l'agriculture et au développement rural d'ici à 2008.  Jusqu'ici, seuls six pays africains ont réalisé leur objectif.  Aussi, en 2001, les gouvernements africains ont décidé d'augmenter leur budget santé de 15 pourcent des dépenses publiques.  Mais seuls six pays ont réalisé cet objectif.

 

Dans le cadre du NEPAD, un certain nombre de gouvernements africains ont accepté d'établir un plan volontaire pour réviser l'adhésion de chacun à la démocratie, aux droits de l'homme et à la bonne gouvernance, connu sous le nom de Mécanisme d'évaluation intra-africaine.  Aujourd'hui, 29 pays, soit plus de la moitié, ont accédé au mécanisme et sept ont réalisé une telle évaluation.  Le SG recommande que les gouvernements, la société civile et les médias africains en fassent davantage pour impliquer leurs citoyens dans le processus d'évaluation intra-africaine.  Il a aussi suggéré que les pays africains soumettent leurs activités pour la réalisation des OMD à une telle évaluation.

 

Le SG a souligné que les femmes africaines ont tiré quelques gains politiques en obtenant par exemple 17 pourcent des sièges parlementaires en 2007 comparativement à 7 pourcent en 1990 .  Plus généralement, il recommande que les pays africains renforcent les mécanismes "pour la participation, l'inclusion et l'émancipation de tous les segments de la société" dans leurs processus politiques et de développement.

 

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