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Journée mondiale d'action sur les dépenses militaires

  Publié : mercredi 2 mai 2012, New York | Auteur : Bureau des affaires de désarmement


Un ex-combattant tient des munitions à Attécoubé, Abidjan, en Côte d'Ivoire. (Photo : UN Photo/Patricia Esteve) La question du lien entre le désarmement et le développement n'est pas nouvelle.  L'Article 26 de la Charte des Nations Unies, qui requiert le moins de détournement possible des ressources humaines et économiques du monde vers les armements, définit la question de l'équilibre entre les dépenses militaires et le développement.  

Aux côtés de 140 évènements organisés dans 41 pays, un évènement s'est tenu au Palais des Nations le 17 avril 2012 à l'occasion de la 2ème Journée mondiale d'action sur les dépenses militaires.  Il a été coordonné par l'Office des Nations Unies à Genève, le Bureau international de la paix (Genève) et l'Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement, avec le soutien du Bureau des Nations Unies de désarmement   .  Des représentants de missions permanentes, d'ONG et d'institutions sises à Genève se sont rassemblés dans la salle du Conseil pour analyser si les importants budgets militaires contribuent à un monde plus sécurisé et stable.

Mme Theresa Hitchens, Directrice de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR). (Photo : Bureau des affaires de désarmement) Les estimations préliminaires de la Banque mondiale   indiquent que l' Objectif du Millénaire pour le développement   (OMD) visant à diminuer de moitié la proportion des personnes vivant dans la pauvreté extrême a été atteint en 2010.  Aussi, le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté a diminué dans toutes les régions du monde. 

Il reste toutefois beaucoup à faire.  Comme l'avait indiqué la Banque mondiale en 2011, aucun pays au faible revenu, fragile ou touché par un conflit n'a atteint un seul des huit OMD.  Différents types de conflict, la criminalité, la violence systémique et la menace du terrorisme figurent parmi les plus importants obstacles au développement et représentent un défi pour les efforts de promotion du désarmement. 

Dans les pays et régions touchés par la violence prolongée, souvent alimentée par le commerce illicite des armes légères, les taux de pauvreté sont plus élevés, les enfants sont deux fois plus susceptibles d'être sous-alimentés et trois fois plus susceptibles de ne pas fréquenter l'école primaire.
 
De droite à gauche : M. Kassym-Jomart Tokayev, Directeur général de l’ONUG ; Ambassadeur Milenik Alemu Getahun d’Ethiopie, actuel Président de la Conférence sur le désarmement ; M. Colin Archer, Bureau international de la paix (Genève) ; M. Jarmo Sareva, Directeur de la Branche de Genève du Bureau des affaires de désarmement. (Photo : Bureau des affaires de désarmement) Ces nombres placent les dépenses militaires dans une nouvelle perspective.  Dans son discours à l'occasion de l'évènement organisé à
Genève, le Directeur général de l'ONUG M. Kassym-Jomart Tokayev a cité le dernier rapport des Nations Unies sur les dépenses militaires, selon lequel 66 Etats Membres ont dépensé 1,22 milliard de dollars au cours de l'année fiscale 2010.  "Le désarmement devrait occuper une place cohérente dans le contexte des efforts visant à créer des conditions favorables à la prévention des conflits et au développement sur le long terme", a-t-il déclaré.  

Mme Helen Wilandh de l' Institut international de recherche sur la paix internationale de Stockholm   (SIPRI), a également présenté des données sur les dépenses militaires.  Contrairement au rapport de l'ONU basé sur les rapports des Etats Membres, les données du SIPRI proviennent de sources "ouvertes".  En 2011, ces données ont porté sur 172 pays pour un montant total de dépenses de 1,738 milliard de dollars. 

Cependant, une analyse de l'ONU et du SIPRI montre un certain ralentissement de la croissance, voire une réduction des dépenses militaires, surtout en Amérique du Nord, ainsi qu'en Europe occidentale et centrale.