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En 30 ans d’existence, la CEDAW a changé les droits des femmes
03 décembre 2009 / 03:31

[New York | Auteur : iSeek]

L’ONU marque aujourd’hui le 30ème anniversaire  de l’adoption de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) , un traité qui a représenté un progrès considérable pour toutes les femmes et qui continue d’être un instrument fondamental dans la protection et la promotion de leurs droits.

Trente ans après son adoption par l’Assemblée générale de l’ONU, le 18 décembre 1979, le traité reste un instrument international essentiel dans la défense des droits des femmes.

L’action au niveau national lancée par le traité de la CEDAW a été de grande portée : de nouvelles garanties constitutionnelles pour les femmes en Thaïlande, l’établissement de droits de propriété foncière pour les femmes au Kirghizistan et au Tadjikistan, des modification de la charge de la preuve qui profite aux femmes aux Iles Salomon, l’établissement de droits en matière de santé reproductive en Colombie et une nouvelle charte pour l’égalité des femmes aux Philippines.

L’événement est marqué aujourd’hui, jeudi, au siège de l’ONU à 15h dans la salle du Conseil économique et social  avec le Secrétaire général BAN Ki-moon, sous la présidence de la Haut Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay et de la directrice exécutive de l’UNIFEM, Inés Alberdi, ainsi que par des événements régionaux et nationaux organisés par les bureaux des Nations Unies dans le monde.

Abordant la question sous un autre angle – par le théâtre – l’actrice et metteur en scène Sarah Jones, qui a remporté un Tony Award, jouera sur scène des histoires sur les discriminations auxquelles font encore face les femmes, en dépit de 30 ans de progrès.

« C’est un document de portée très pratique », a déclaré le Secrétaire général BAN Ki-moon. « Il expose concrètement et de façon explicite ce que les pays doivent faire au niveau national pour parvenir à l’égalité des femmes ».

« La CEDAW s’est révélé être un instrument stratégique très important, » a déclaré Lee Waldorf, Conseillère sur les droits de l’homme au Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), experte sur la Convention profondément engagée en faveur des droits des femmes, lors d’un bref entretien avec iSeek. 

Avant la CEDAW, il y avait un certain nombre de traité internationaux auxquels on pouvait se référer, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR) et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ICESC), mais ils n’étaient pas assez spécifiques. Désormais, même si la ratification de la CEDAW - en tant que traité international – prend du temps et est parfois complexe, il existe des obligations concrètes qui s’imposent aux Etats, a-t-elle expliqué.  

Aujourd’hui, la CEDAW peut-être utilisée comme instrument juridique pour les défendeurs des droits des femmes, mais aussi comme instrument politique, par le biais de l’examen périodique. Le fait que les Etats Membres doivent présenter un rapport tous les quatre ans au Secrétariat de la Convention fait peser une pression sur les gouvernements, qui cherchent à obtenir des informations et à montrer des résultats.

Mme Waldorf a souligné que le statut de défenseur des droits des femmes n’était pas toujours si facile ou même dénué de danger dans un pays donné. Mais, de façon peut-être surprenante, les gouvernements se sentent moins menacés par cette question que par celle plus large de la défense des droits fondamentaux. Bien sûr, en défendant les droits de la femme on défend aussi les droits fondamentaux, a-t-elle noté, soulignant qu’il fallait provoquer un changement très profond au niveau de la société pour modifier les perspectives des hommes et des femmes – perspectives dont ils ne sont pas toujours conscients.

La discrimination existe à la racine même aux Nations Unies, a déclaré Mme Waldorf, en particulier si l’on considère les moyens et l’argent consacrés à la défense des droits de la femme. Mais il existe aujourd’hui une bonne raison d’espérer qu’une nouvelle organisation plus solide consacrée à cette cause verra le jour, maintenant que l’Assemblée générale a demandé au Secrétaire général un examen de la question.

Une page spéciale a été créée à cette occasion sur le site de l’UNIFEM . Elle présente un calendrier des événements régionaux et nationaux organisés pour l’anniversaire, des publications et des ressources sur la Convention, et des détails sur les succès obtenus.

Pour l’instant 186 pays sont liés par les dispositions de la CEDAW. Une liste complète est disponible sur le site de la Collection des traités des Nations Unies