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Silence rompu à la mémoire des victimes de la traite des esclaves
25 mars 2009 / 04:10

[New York | Auteur : iSeek]

The crowd listens to drummers | Credit: Fred Fath/iSeek

Alors que les sons des tambours retentissaient dans les étages du Secrétariat, les enfants discutaient de l’impact continu de l’esclavage transatlantique. Les visiteurs ont pu profiter de l’exposition qui illustre la signification unique et permanente du tambour en tant que lien entre les descendants d’esclaves africains et le continent africain.     

 

Les roulements de tambour ont également raisonnés à l’Office des Nations Unies à Nairobi (ONUN).  

 

Ces évènements s’inscrivent dans les nombreuses activités qui se tiennent cette semaine dans le cadre de la Commémoration de la Journée du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves de 2009.

 

Ci-après figure une présentation des évènements qui se sont déroulés jusqu’à présent à New York et à Nairobi.  

 

Archives des webcasts

 

New York

 The SG with Cameroon’s Minister of Culture Ms. Ama Tutu Muna | Credit: Fred Fath/iSeek

Performance de tambour

 

Mercredi, le Secrétaire général a symboliquement lancé les évènements de cette semaine en jouant quelques notes sur un tambour importé du Cameroun, aux côtés de musiciens, joueurs de tambour et groupes musicaux qui se sont produits sur la pelouse, à proximité de la Cloche de la paix.  

 

Le SG a été rejoint au tambour par la Ministre de la culture camerounaise, Mme Ama Tutu Muna.

  

L’évènement a présenté des performances par des percussionnistes solo et en groupe : Vado Diamonde de Côte d’Ivoire ; Manhattan Samba présentant de la musique brésilienne ; Magbana Drum and Dance de Brooklyn ; les New Yorkers Chauncey Yearwood et David Freyre ; Harmony Music Makers, groupe musical des Caraïbes ; un groupe d’enfants de l’Ecole franco-américaine de New York ; une représentation organisée par des joueurs de tambour et une cérémonie typique d’invocation des esprits (griot) du Cameroun.Students performing | Credit: Fred Fath/iSeek

Des étudiants ont également participé à l’évènement par le biais de vidéoconférence, certains ont été invités à danser aux côtés des musiciens.  

 

Mme Demissa Williams, Représentante permanente de la Grenade, en sa qualité de Présidente de la CARICOM, a annoncé que la CARICOM sélectionnera bientôt un Ambassadeur de bonne volonté et mettra en place un fonds d’affectation spéciale pour travailler à la construction d’un mémorial permanent consacré au souvenir de la traite transatlantique des esclaves au Siège de l’ONU. 

 

En sa qualité de Président du Groupe africain, le Représentant permanent de la Sierra Leone auprès des Nations Unies, M. Shekou Tourey, s’est aussi adressé à l’audience. 

 Secretary-General Ban Ki-moon (third from right) listens to a performance at the opening of the drum exhibit | Credit: UN Photo/Paulo Filgueiras (362219)

Exposition de tambours

 

La collection de tambours présentée comprend un large éventail de tambours séculiers, sacrés, religieux et non religieux, cérémoniaux, ludiques et parlants, principalement du Cameroun et des Caraïbes.  Certains d’entre eux n’ont jamais été exposés auparavant.

 

Mardi 24 mars, à l’occasion de l’ouverture formel de l’exposition, le SG a déclaré « les tambours ont donné le pouls de notre histoire et ils continuent à nous aider à célébrer notre humanité commune. Nous devons battre le tambour pour proclamer que quelque soit notre couleur, quelque soit notre genre, nous sommes un peuple, avec un futur commun. Assurons-nous que ce futur soit un futur de paix, de respect et de liberté ». 

 

À l’occasion de cette exposition, le Gouvernement du Cameroun a envoyé à New York une délégation de 30 artistes, experts et hauts fonctionnaires, conduite par la Ministre de la culture du Cameroun, Mme Ama Tutu Muna.  

 

Une des artistes de la délégation, Mme Pauline Andela Tsala, âgée de 76 ans est une des dernières pratiquantes de la tradition du tambour parlant ; elle est réputée pour sa capacité extraordinaire à déchiffrer et traduire les rythmes et les lignes des battements de tambour, avec le code Morse.

 

Un tambour très spécial a été envoyé par avion du Cameroun pour cette exposition; il s’agit du Ndek, un tambour de 230 ans, pesant 400 kilogrammes, et réputé être « l’âme » du peuple Gounoko du nord-ouest du Cameroun.  Cet objet rare et sacré était utilisé pour envoyer des signaux aux jeunes Gounoko dans un rayon de 16 kilomètres afin de fuir les guerres et de se protéger des esclavagistes.

 

Avant de permettre aux autorités camerounaises d’envoyer le Ndek à New York, le peuple Gounoko a procédé à une cérémonie spéciale présidée par son roi (fon), en spécifiant que personne ne devrait jouer de ce tambour et en s’assurant auprès des autorités que le tambour sera restitué rapidement et en bonne condition à sa terre d’origine.  

 

Pour faciliter ce retour, le peuple Gounoko a accepté de prêter ce bien culturel aux autorités à mi-chemin du territoire de la communauté.  Dans un sens spirituel, ils ont ainsi éliminé tous les obstacles potentiels au retour du Ndek.  

 

Des tambours appartenant au défunt maître du tambour nigérien, Babatunde Olatunji, seront également exposés. 

 Eric Falt, DPI's Outreach Division Director and Georges Collinet at the film screening | Credit: UN Photo/Jenny Rockett (362156)

Projection de films 

 

Mardi 24 mars, trois films documentaires ont été projetés à New York, retraçant l’histoire de la traite des esclaves et explorant les répercussions sociales et culturelles de l’esclavage ainsi que les réalisations extraordinaires des descendants d’esclaves qui ont accompli des choses formidables et stimulantes.   

 

Des réalisateurs de films ont répondu à des questions posées par l’audience, dont Georges Collinet, qui dispose de plus de 38 ans d’expérience en tant que producteur de films et de vidéos, journaliste et personnalité de la radio, aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. Il accueille Afropop Worldwide, émission radio hebdomadaire couronnée de succès diffusée aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. Depuis 35 ans, M. Collinet travaille avec Voice of America et le Service télévisé et filmographique de l’Agence informative des Etats-Unis et du Bureau de diffusion internationale, qui comptent plus de 110 millions d’auditeurs par émission chaque jour. 

 

CommémorationOne of the Sarakasi Drummers at the UNON commemoration | Credit: UNIC Nairobi à Nairobi

 

Au moins 300 personnes ont pris part à la commémoration de l’ONUN qui s’et tenue à la suite de la cérémonie marquant la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus et disparus.

 

L’évènement organisé par le CINU regroupait des membres du personnel et des participants de Simul’Onu qui ont interrompu leur conférence pour prendre part à la commémoration. 

 

L’évènement fut animé par six joueurs de tambour, d’un groupe communautaire nommé Sarakasi Drummers, qui ont joué du tambour dans le hall principal du Siège de l’ONUN.  

 

Le lieu, envahi par les étudiants et les membres du personnel, et palpitant aux sons des percussions, donna lieu à une déclaration de M. Charles Emer, Chef de la Section des technologies de l’information et de la communication, qui expliqua la signification du tambour et ce qu’il représentait en ce jour solennel.

 

Il fut suivi par M. Satinder Bindra, Directeur du Département de la communication et de l’information du PNUE, qui a appelé à observer une minute de silence en souvenir des victimes de l’esclavage puis lu le message du SG. 

 

L’audience a vivement applaudi Mme Brenda Malowa, Secrétaire générale de Simul’Onu, qui prononça le message du SG à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus et disparus.  

 

Elle a suivi Roger Lewis, Chef adjoint de la sécurité à l’ONUN, qui s’est exprimé au sujet des difficultés que rencontre le personnel en travaillant dans des lieux dangereux. Il a aussi demandé la libération immédiate de tous les membres du personnel détenus afin qu’ils puissent rejoindre leur famille et collègues. 

 

Tout au long du programme, le personnel et les étudiants étaient visiblement touchés et ravis par le son rythmique généré par les joueurs de tambour Sarakasi.