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Des rebelles rwandais et leurs dépendants quittent la RDC par centaines, grâce au programme DDRRR renforcé de la MONUC
04 mars 2009 / 04:23

[Goma | Auteur : DOMP/DDR]DDR team in MONUC | Credit: DPKO/DDR

Au cours des dernières semaines, le Programme de Désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement et réimplantation (DDRRR) de la MONUC, la Mission des Nations Unies au Congo (RDC) a enregistré un nombre sans précédent de volontaires à la démobilisation et au rapatriement parmi les rebelles des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).

 

"Les chiffres de rapatriement des combattants des FDLR et de leurs familles de la RDC vers le Rwanda dépassent légèrement les 1100 personnes pour 2008", a déclaré Bruno Donat, l'administrateur en charge du programme DDRRR de la MONUC. "En comparaison, au cours des six premières semaines de 2009, la MONUC avait déjà rapatrié plus de 1000 personnes. Quand vous ajoutez c nombre à celui des civils rwandais rapatriés depuis juin, vous obtenez un total de 4000 personnes qui sont rentrés volontairement rien que dans les deux derniers mois".

 

Avec le lancement le 20 janvier de l'opération Umoja Wetu ("Notre unité" en Swahili), une tentative conjointe des armées congolaise et rwandaise contre les FDLR, la MONUC a décidé de profiter de la pression exercé et reconfigurant activement son approche  pour tenter d'augmenter le nombre de combattants des FDLR qui abandonnent les armes et rentrent chez eux. Le retrait des FDLR, qui sont en opposition armée avec le Gouvernement actuel au Rwanda, aiderait grandement à normaliser les relations entre la RDC et le Rwanda et supprimerait une source majeure d'instabilité dans la région.  

 

Pour profiter de ces moments exceptionnels en termes de DDRRR, la MONUC a décidé d'accroitre ses efforts de sensibilisation, de redéployer ses équipes sur le terrain et d'améliorer la coordination interne et externe.DDR team in MONUC | Credit: DPKO/DDR


L'équipe DDRRR de la MONUC, assistée par la Division de l'information, a entamé une campagne forte de sensibilisation s'adaptant aux changements rapides de la situation. Des contacts tous azimuts avec la direction et les troupes des FDLR ont été accrus, ainsi que l'ont été les efforts pour envoyer les bons messages via les médias publics, les groupes de la société civile et les radios mobiles propres de la section DDRRR. La MONUC a ouvert un centre d'appel qui fonctionne 24h/24h, et entrepris la production rapide de nouveaux matériels de sensibilisation en Kinyarwanda, Swahili, et français, qui ont été largués par avion dans les zones clés.

 

Le mouvement des cadres des FDLR en réponse aux opérations militaires combinées des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et des Rwandan Defence Forces (RDF) a accéléré le déploiement d'équipes DDRRR supplémentaires sur le terrain dans l'Est de la RDC. En plus de cela, des équipes mobiles additionnelles se tiennent en standby pour réagir en cas de besoin.

 

La MONUC a aussi accru le nombre de réunions de coordination avec les partenaires importants impliqués dans le processus de rapatriement. Par exemple, un mécanisme de collaboration plus étroite a été mis en place entre la section DDRRR et le Haut-commissariat aux réfugiés (UNHCR) pour rassembler les candidats civils à un rapatriement volontaire, et entre la section DDRRR et les Forces combinées FARDC-RDF pour s'assurer que les corridors sont mis en place dans plusieurs endroits afin de permettre aux volontaires de se présenter pour le rapatriement.

 

"Les escortes militaires de la MONUC sont désormais indépendantes pour 24 heures afin d'accroitre la flexibilité pour des opérations plus longues. Une force aéromobile de réaction rapide est aussi à notre disposition pour un déploiement dans un délai très court", ajoute Bruno Donat. En plus, des bases opérationnelles temporaires sont rapidement déployées, et l'armée fournit une sécurité accrue dans les camps de transit du DDRRR abritant les ex-combattants et leurs familles.


DDR team in MONUC | Credit: DPKO/DDR

Les résultats obtenus sont très encourageant. L'équipe DDRRR rapatrie normalement 40 personnes par semaine, mais depuis le début des opérations militaires, plus de 400 personnes par semaine sont rapatriées.

 

Le Secrétaire général BAN Ki-Moon a salué l'accroissement du nombre des participants au programme DDRRR, notant que "les efforts pour aider les combattants des FDLR à abandonner les armes et à rentrer volontairement dans leur pays sont cruciaux pour stabiliser la situation instable dans l'Est de la République démocratique du Congo. Cela peut encourager à stabiliser la situation dans une région qui est depuis trop longtemps déchiré par la violence, apportant ainsi l'espoir non seulement aux Congolais mais aussi aux autres populations dans la région".

 

Les FDLR sont un groupe rwandais créé par les membres des ex-FAR

(Forces armées rwandaise) et les milices hutu interhamwe, dont certains membres sont suspectés d'avoir pris part au génocide de 1994 au Rwanda, avant de s'enfuir dans l'Est du Congo. Leur présence a contribué à la poursuite du conflit dans cette zone. Les FDLR opèrent principalement dans les Nord et Sud Kivu, où on rapporte qu'ils exploitent illégalement les ressources minérales et imposent leur joug aux populations civiles du Congo, les harcelant et usant de violence contre elles. 

 

L'équipe DDRRR de la MONUC prend part au processus de rapatriement des groupes armés étrangers, principalement au Burundi, au Rwanda et en Ouganda, qui agissent illégalement dans les frontières avec la RDC. Elle continue aussi d'aider à la coordination avec les deux processus des DRR menés par le Gouvernement de RDC pour les groupes armés congolais : le Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR), et dans l'Est du Congo, la composante DDR du Programme AMANI.