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L'édition 2009 de "Situation et perspectives de l'économie mondiale" est lancée aujourd'hui
15 janvier 2009 / 11:56

[New York | Auteur : DESA]World Economic Situation and Prospect 2009

L'économie mondiale est aujourd'hui embourbée dans la crise financière la plus grave depuis la grande Dépression et des efforts fiscaux coordonnés au niveau international sont nécessaires pour éviter que cette crise ne se transforme en une autre longue dépression et une catastrophe humaine, selon le rapport Situation et perspectives de l'économie mondiale 2009 (WESP 2009) .  
 
Ce rapport a été lancé régionalement aujourd'hui à Genève, Bangkok, Pékin, Beyrouth, Addis Abeba, Mexico et Moscou, alors que les grandes lignes ont été présentées en avance l'année dernière au cours de la Conférence d'examen de Doha sur le financement du développement, à Doha, au Qatar.
 
Le WESP, publication conjointe de DESA, de la CNUCED et des cinq Commissions régionales des Nations Unies, fournit les perspectives de l'économie mondiale selon l'ONU. Les éditions précédentes de ce rapport avait déjà prévenu qu'une crise financière se préparait, et, commençant par toucher les Etats-Unis, s'étendrait au reste du monde. Tous les facteurs sont maintenant en place et ont poussé l'économie mondiale dans la récession.
 
Le revenu mondial par habitant va baisser en 2009  

Selon le scénario de base établi par le rapport 2009, la croissance mondiale atteindra faible 1% en 2009, relativement bas en comparaison des 2,5% de 2008 et des taux de croissance moyens compris entre 3,5 et 4% au cours des quatre années précédentes. Les projections pour 2009 comprennent une baisse de 0,5% dans les pays développés, contre une croissance moyenne de 5,3% dans les économies en transition et de 4,6% dans le monde en développement. De tout ceci résultera une baisse générale du revenu mondial par habitant en 2009, une première depuis l'époque de la grande Dépression.

Mais étant donné la grande incertitude qui prévaut aujourd'hui, un scénario encore plus pessimiste est probable. Si les la crise actuelle des crédits se prolonge et la confiance dans le secteur financier n'est pas restaurée dans les prochains mois, avertit le rapport, les pays développés pourraient rentrer en récession grave en 2009. Cela ferait baisser la croissance économique dans les pays en développement à 2,7%, un taux dangereusement bas qui affecterait leur capacité à poursuivre leurs efforts de réduction de la pauvreté, ainsi que la stabilité politique et sociale.

 
Le rapport offre une analyse détaillée de l'évolution de la crise financière mondiale en 2008 et les facteurs fondamentaux qui l'ont générée. Il évalue aussi l'impact sur les activités économiques mondiales, spécialement dans les pays en développement, décrivant les canaux par lesquels les déboires des Etats-Unis et de l'Europe touchent le reste du monde. Le rapport examine aussi les actions prises jusqu'à présent dans le monde pour faire face à cette crise financière globale.
 
 
Pour être efficaces, les mesures fiscales doivent être coordonnées au niveau international
 
Les économistes des Nations Unies soutiennent que les mesures fiscales doivent être coordonnées internationalement. Dans une économie mondialisée, les efforts fiscaux dans un seul pays sont en concurrence avec les pertes aux importations et autres effets similaires ; si les efforts sont coordonnés internationalement, un effet multiplicateur plus fort peut soutenir la pression.
 
Les Nations Unies voient en outre une chance d'aligner les mesures globales d'efforts fiscaux avec des objectifs de développement durables sur le long terme. Les ressources massives nécessaires pour les efforts fiscaux peuvent être appliquées pour partie à des investissements publics dans les infrastructures, la production alimentaire, l'éducation et la santé et les sources d'énergie renouvelables, aidant ainsi les pays en développement à diversifier leur économie et à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.
 
Des réformes radicales sont aussi nécessaires pour éviter des crises futures
 
Toutefois, il n'y a plus aujourd'hui de mécanisme institutionnel crédible pour la coordination des mesures ou des politiques monétaires. Un tel mécanisme devra être créé en parallèle à d'autres réformes fondamentales.
 
De telles réformes doivent aussi répondre à la faiblesse d'un système financier mondial qui a le dollar comme monnaie de référence. Avec un endettement net des Etats Unis qui ne cesse de croître -- vers les 2,7 billions à la fin de 2008, et 2,5 billions en 2007 -- les principaux risques restent un grave déséquilibre mondial et une chute du dollar. Dans ce cas, les investisseurs pourraient prendre une option plus sûre, mais cette fois loin des actifs dominés par le dollar, ce qui affaiblirait l'économie américaine, et à sa suite, l'économie mondiale.