* en anglais
BigLogo.gif UN Member States on the Record
Les Africains doivent mener le dialogue sur le problème de la corruption en Afrique
16 octobre 2008 / 01:10

[Addis Abeba | Auteur : CEA]

Une conférence internationale sur

Une conférence internationale sur "les institutions, la culture et la corruption en Afrique" s'est ouverte lundi 13 octobre, au Centre de conférence des Nations Unies à Addis-Abeba.  Elle a été l'occasion de lancer un appel à davantage d'"action" africaine dans la discussion et le combat contre ce fléau.

 

Dans son discours d'ouverture, Lalla Ben Barka, Vice Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), a déclaré qu'il était vital pour les africains de "reprendre le discours et l'agenda anticorruption en Afrique" et d' "explorer les moyens par lesquels (ils) peuvent combattre efficacement ce problème sur le continent".  Aussi, la Vice Secrétaire exécutive a insisté sur le moyen pour les africains d' "appréhender la question en sortant des sentiers battus" pour résoudre ce problème.

 

Mme Lalla Ben Barka, Vice Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l'Afrique (Credits : CEA)Mme Ben Barka a donc demandé "aux académiciens, aux intellectuels politiques et aux activistes de la société civile" participant à la conférence de "s'engager dans une discussion critique et intense de trois jours et de parvenir à des suggestions et des options politiques pratiques sur la manière dont nous pouvons faire avancer l'action anti-corruption en Afrique". 

 

M. Adebayo Olukoshi, Secrétaire exécutif du Conseil pour le développement de la recherche économique et sociale en Afrique (CODESRIA), s'est aussi exprimé lors de l'ouverture de la réunion.

 

Dans son bref discours de bienvenue, il a expliqué que cette conférence constituait le premier évènement majeur ayant pour objectif de rassembler les "philosophes de pensée et les philosophes d'action" pour discuter de l'impact de la corruption en Afrique.

 

Il a donc demandé aux participants de prendre part à la conférence "avec un esprit ouvert" alors que l'Afrique connait actuellement une "opportunité exceptionnelle de repenser de nombreuses solutions qui ont été proposées pour traiter le problème de la corruption sur le continent".   

 

M. Olukoshi a aussi souligné le fait que la "corruption n'est pas africaine.  La corruption est une citoyenne mondiale et nous devons faire attention aux moyens spécifiques de son fonctionnement en Afrique."  Il a ajouté qu'il fallait accorder une attention particulière à "la direction du flux des gains tirés de la corruption" en Afrique.

 

En prononçant son discours d'ouverture de la conférence sur "les institutions, la culture et la corruption en Afrique", Dr. Tajudeen Abdul Raheem, activiste Pan africain notable et intellectuel, a réitéré son sentiment souvent exprimé que "le problème de l'Afrique ne peut être résolu que par les africains".

 

En renforçant le discours du Secrétaire exécutif de la CODESRIA, il a aussi insisté sur le fait qu'il n'y a "rien d'uniquement africain dans la corruption".  Cependant, Dr. Abdul Raheem a déclaré que les Africains doivent "se pencher sur les questions en conservant leur perspective et non celle des autres". 

 

Il a noté que la corruption à travers l'Afrique émergeait souvent dans un contexte de faible capacité institutionnelle, de mauvaise gouvernance et de manque de droits fondamentaux des citoyens.  Il a expliqué que selon lui, "l'aliénation des africains par l'Etat africain" était souvent la cause de ce fléau.

 

"La corruption", a-t-il dit, "est souvent un choix rationnel non pas parce que notre peuple ne connait pas la différence entre la corruption et le service mais parce que les structures de gouvernance fonctionnent souvent sur la base de la volonté plutôt que de la nécessité.  C'est pourquoi le défi consiste à retourner à un régime de droits où les droits sont inhérents à tous les citoyens". 

 

Dr. Abdul Raheem a terminé son discours en lançant un appel au "sacrifice personnel" dans la lutte contre la corruption de toutes les parties africaines et a demandé aux participants de se rappeler que "si l'Afrique doit être construite, seuls les africains peuvent le faire". 

 

La conférence de trois jours (du 13 au 16 octobre) est organisée par la CEA et la CODESRIA et constitue l'un des évènements clefs marquant la commémoration du 50e anniversaire de la Commission économique pour l'Afrique.  La réunion rassemble des universitaires, des décideurs politiques, des praticiens et des dirigeants de la société civile provenant d'Afrique et d'ailleurs ainsi que des organisations internationales pour discuter de cette question.

 

Le problème de la corruption reste intraitable dans de nombreux pays africains.  Il est communément reconnu qu'il existe un besoin d'approches plus innovantes, créatives et stratégiques pour la traiter.

 

La CEA figure actuellement en tête de l'agenda anti-corruption régional et la Commission a adopté une approche holistique pour combattre la corruption.  Celle-ci compte notamment engager les parties majeures, notamment le système judiciaire, les institutions nationales anti-corruption, le Parlement et le corps pan-africain national des institutions anti-corruption en Afrique.   

 

En 2006 et 2007, la CEA a mené une étude intitulée : "Approfondir l'efficacité juridique dans le combat contre la corruption" et a organisé deux réunions d'experts ad-hoc sur les conclusions de cette étude.  Le rapport sur l'étude et ses réunions d'experts liées sera bientôt publié et largement disséminé.

 

La CEA conduit actuellement une étude sur "l'évaluation de l'efficacité et de l'impact des institutions nationales anti-corruption en Afrique".  En février 2009, la Commission organisera une réunion ad-hoc du groupe d'experts des Chefs des institutions nationales anti-corruption pour leur présenter les conclusions de l'étude.

 

Aussi, la CEA va bientôt organiser des ateliers pour les organisations de la société civile sur "le contrôle et le rapport de la corruption en Afrique".  Le premier de ces ateliers a été organisé les 11 et 12 novembre 2008 à Kampala, en Ouganda.