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Mise à jour sur la situation en Afghanistan
07 octobre 2009 / 12:59

La semaine dernière, de nombreux commentaires publics ont été faits sur le rôle de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) dans la conduite des élections en Afghanistan.  

L’Organisation des Nations Unies a pris toutes les allégations de fraude, grandes et petites, très au sérieux.  Elle a étroitement travaillé avec la Commission des plaintes électorales et continuera à le faire lors des prochains jours cruciaux. 

Voici une mise à jour explicative du rôle de la MANUA dans la conduite des élections. 

• Les récentes élections en Afghanistan sont les premières organisées depuis de nombreuses années au sein de l’intégralité des institutions afghanes.  Conformément au rôle des Nations Unies dans les élections de par le monde, l’ONU a joué un rôle purement de soutien.  Les Nations Unies ont proposé une assistance technique aux organes électoraux afghans, à la Commission électorale indépendante (http://www.iec.org.af/) et à la Commission des plaintes électorales.      

• Les Nations Unies ont pris cette tâche très au sérieux.  C’est pourquoi nous avons demandé de manière consistante aux deux commissions d’être rigoureuses dans leur travail et de suivre strictement les standards internationaux.   

• Il est clair qu’il y a eu fraude.  Le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité (S/2009/475) établit cela de manière explicite et son Représentant spécial, Kai Eide, l’a dit au Conseil (http://www.un.org/News/Press/docs//2009/sc9751.doc.htm )

• Cependant, contrairement aux élections précédentes, des mesures et mécanismes crédibles étaient en place pour traiter la fraude.  Ils ont fonctionné et une action est en cours pour les adresser.  Un audit est actuellement mené par la Commission électorale indépendante et la Commission des plaintes électorales.  Le processus bénéficie du conseil d’experts internationaux.  La Commission des plaintes a l’autorité d’invalider les votes sur la base de ses investigations réalisées suite aux 2 500 plaintes reçues.  Les efforts visant à traiter cette fraude disposent du plein soutien des Nations Unies.       

• Les processus existants et les organes afghans doivent avoir une chance de fonctionner.  Ces élections sont leurs élections.  L’ONU ne doit pas admonester les autorités ou autres d’une manière qui pourrait être perçue comme mettant en avant les arguments de l’un ou l’autre des candidats.    

• En Afghanistan, il y a des zones non sécurisées.  C’est un fait.  Les autorités afghanes ont pris cela en considération et ont finalement décidé d’ouvrir 400 centres de vote de moins que les 6 900 estimés à l’origine, car ces 400 centres étaient localisés dans des lieux qui n’étaient pas suffisamment sécurisés.  Cette décision a été prise en consultation avec les forces de sécurité nationales et internationales, chargées de sécuriser les élections.  

• Parmi les 6 500 centres de vote restants, certains étaient localisés dans des zones moins que sécurisées.  Mais des personnes vivent dans ces zones et ont le droit de voter.  La décision du nombre de centres de vote à ouvrir revenait aux afghans.  La tâche des Nations Unies est de soutenir ces élections.  Notre devoir consistait à soutenir la décision des autorités afghanes pour essayer d’admettre au suffrage le plus d’électeurs possible, tout en les assistant à mettre en place des mécanismes rigoureux de détection de fraudes, ce qui a été fait.                                                                                                         

• L’ONU travaille étroitement avec la Commission des plaintes électorales, organe mandaté pour mener des investigations en cas de fraude, pour donner des directives, et apporter une assistance et un support techniques.  En effet, trois des cinq membres sont internationaux et ont été nommés par le Représentant spécial du Secrétaire général.  

Il y a quatre points importants à garder à l’esprit pour la suite des évènements : 

• Premièrement, l’ONU a répondu au maximum de ses capacités et dans le cadre de son mandat à toutes les demandes d’assistance de cette Commission. 

• Le personnel de l’ONU sur le terrain a travaillé de façon admirable le jour des élections pour constater de ses propres yeux l’évolution du processus.   

• Bien sûr, les Nations Unies n’avaient pas la capacité de couvrir plus d’une petite fraction des 6 500 centres de vote ou des 25 000 bureaux.  Le rôle des Nations Unies était de soutenir le processus d’élection.  Les Nations Unies n’avaient pas pour mandat de contrôler les élections.  Cette responsabilité revenait à d’autres tels que l’UE, l’OSCE, le Réseau d'Asie pour des élections libres et de nombreuses organisations afghanes. 

• Il y aurait en effet eu un conflit d’intérêt si les Nations Unies devaient, d’une part, soutenir le processus d’élections, et d’autre part, juger sa qualité comme doivent le faire les observateurs. 

• Les cas que nous avons observés et les preuves collectées sont très importants mais ils constituent des anecdotes et nous ne pouvons juger ni ce qui est arrivé ni la validité des preuves collectées.  

• Deuxièmement, les organes afghans appropriés mènent des investigations.  Ce processus devrait être respecté et non terni par des commentaires sur les preuves et les cas de fraude présumés avant que les organes afghans appropriés ne se prononcent sur cette question.   

• Troisièmement, dans tous les cas où les Nations Unies ont reçu des preuves de fraude, nous avons référé les personnes à l’origine de ces plaintes aux organes nationaux appropriés, dans ce cas la Commission des plaintes.  Il s’agit de la pratique standard des Nations Unies quel que soit le pays dans lequel elle soutient les élections. 

• Quatrièmement, le droit et la responsabilité de soumettre les plaintes résident tout d’abord et avant tout avec les participants aux élections : les électeurs et les candidats.  C’est ce qui s’est passé : la Commission a reçu plus de 2 500 plaintes.  Celles-ci ont donné lieu à des investigations et, si ces plaintes s’avèrent valides, elles entraineront l’invalidation des votes.