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combattre le SIDA
08 May 2008 / 12:10

INTERVENTION DE LA DÉLÉGATION D’HAITI A LA TABLE RONDE INTITULÉE : COMBATTRE LE VIH/SIDA

Monsieur le Président,

            Ma délégation prenant la parole pour la première fois à cette session, saisit l’occasion de vous féliciter chaleureusement pour votre élection à ce poste ainsi que pour l’efficacité et la compétence avec lesquelles vous conduisez cette Table Ronde.

Monsieur le Président,

            En ce qui concerne l’épidémie du VIH/SIDA en Haïti, la situation demeure encore très préoccupante sinon alarmante à bien des égards, et tout particulièrement en ce qui concerne les enfants et les jeunes. Ainsi, l e Ministère de la Santé Publique et de la Population estime que 5,888 haïtiens âgés de moins de 15 ans vivront en 2007 avec le VIH/SIDA, 828 d'entre eux seulement ont accès au traitement anti-rétroviral, tandis que 2 mille au moins en auraient besoin. D’octobre 2006 à octobre 2007, 3,2% des femmes enceintes en clinique prénatale, soit 3,431 personnes, ont été dépistées positives au VIH. Haïti comptera cette année plus de 200,000 enfants rendus orphelins à cause du VIH/SIDA. Confrontés aux problèmes de la pauvreté, souvent livrés à eux-mêmes, ils risquent de souffrir de la discrimination et de se retrouver ainsi sans accès à la scolarisation, exposés aux violences physiques et sexuelles, à l’exploitation et, aux maladies.

            Cependant, le tableau n’est pas entièrement sombre car, globalement, l’épidémie du VIH/SIDA connaît une certaine stabilité en Haiti. Actuellement on assiste même à une baisse de la séroprévalence au VIH/SIDA dont le taux est passé de 3.8% en 2005 à 2.2% en 2006. Ce changement est dû à la mobilisation et à l’engagement accru de tous les secteurs de la société dans la prévention et la réponse à cette maladie et à ses conséquences sociales.

           

            De même, des avancées positives sont à noter au niveau spécifique de la protection des jeunes. Sur le plan thérapeutique, 32% des femmes enceintes séropositives, contre 19.37% en 2005, reçoivent actuellement des thérapies aux anti-rétroviraux (ARV) qui empêchent la transmission du virus à leurs bébés. De plus, entre octobre 2006 et octobre 2007, 48.12% des enfants nés de mères séropositives ont reçu une prophylaxie aux ARV entraînant une baisse proportionnelle des cas de transmission mère-enfant. 

Monsieur le Président,
                       

            Compte tenu de toutes ces données, la prévention du VIH/SIDA doit être le point d’appui de notre volonté de combattre le VIH/SIDA chez les enfants et les dernières statistiques en la matière semblent indiquer un tassement des progrès réalisés les années précédentes. Plus que jamais donc, les messages d’information et de prévention doivent aussi passer par l’éducation des enfants et des jeunes afin de les aider à mieux se prendre en charge, à se protéger et à développer un comportement sexuel responsable. En particulier, il s’avère indispensable que les orphelins, notamment ceux qui sont séropositifs, aient accès de façon adéquate aux services de santé sexuelle reproductive.

            Tel que préconisé par la Déclaration d’Engagement de 2001, le pays dispose actuellement d’un nouveau Plan Stratégique Multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA validé par le chef du Gouvernement qui met l’accent en particulier sur les points suivants : la réaffirmation de l’engagement total de l’Etat et de la société civile, l’amélioration des campagnes d’éducation et de sensibilisation en direction des jeunes tout spécialement, l’accroissement des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et la réduction de la stigmatisation, l’extension du programme de soins aux mères séropositives, l’élargissement des thérapies anti-rétrovirales à davantage de malades, et l’augmentation des capacités de collecte et de traitement de toutes statistiques liées aux indicateurs établis par l’ONUSIDA, toutes choses qui passent également par le renforcement institutionnel du Ministère de la Santé et de la Population.

            Ainsi, le gouvernement haïtien est bien conscient des efforts qui restent encore à fournir et n’entend pas baisser la garde. Toutefois les progrès incontestables et quantifiés réalisés jusqu’à présent constituent un encouragement notable et méritent d’être salués à juste titre, au moment ou un rapport stigmatisant --paré des oripeaux de la science mais fort heureusement réfuté totalement et rigoureusement par des experts tel que le professeur Luc Montagnier-- voudrait nous détourner du seul combat qui importe face à un virus qui ne connaît ni frontière ni discrimination de race: l’union des forces et des moyens de prévention et de traitement à l’échelle des nations.

 
           
            Je vous remercie.