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Q - La situation dans
les Territoires palestiniens et au Moyen-Orient commence à devenir
catastrophique. Vous avez été le seul en Europe à mettre en garde
l'administration américaine contre son appui au Premier ministre israélien
Ariel Sharon. Voyez-vous un changement ou une évolution dans la
politique américaine ?
R - Ce qui se passe
actuellement établit la justesse des avertissements que j'ai lancés
il y a un certain temps. Ceci montre également que la politique menée
jusqu'à présent par le gouvernement Sharon conduit à une impasse.
Il a pu réussir des opérations ponctuelles, avoir des succès
tactiques, mais au bout du compte c'est une impasse stratégique.
C'est même un échec, notamment pour la question qui est prioritaire
pour lui, à savoir la sécurité d'Israël.
Il est normal que le
Premier ministre israélien accorde la priorité à la sécurité.
Nous sommes d'accord : c'est son droit et son devoir. Mais même sur
ce plan-là, cela ne marche pas. Il n'y a jamais eu une telle insécurité
en Israël, il n'y a jamais eu autant d'attentats. Quant au problème
de fond, il est là, de pire en pire. Malheureusement, ceci confirme
ce que j'ai dit sur la politique erronée de Sharon, qui refuse de
rouvrir une négociation politique tant que la sécurité n'aura pas
été complètement rétablie. Cette politique reflète une erreur
d'analyse. C'est d'ailleurs un piège exploité par une partie des
forces appuyant Sharon, qui en font un obstacle empêchant l'ouverture
des négociations qui seraient de nature à placer la majorité au
pouvoir en Israël face à un dilemme, celui relatif notamment à un
retrait des colonies.
Malheureusement,
pendant un an, ce qui est assez long, de nombreuses parties, dont les
Etats-Unis, ont soutenu ce raisonnement. Mais je le redis, il ne peut
pas mener à un résultat positif. Il ne sert pas la sécurité. Au
contraire. Maintenant que cette conclusion est confirmée, je vois que
certains commencent à s'interroger sur l'utilité de cette politique
en Israël et aux Etats-Unis. En Europe, les esprits ont évolué il y
a assez longtemps. Les Européens pensent qu'il faudrait avoir une
approche plus politique, même si tout le monde n'ose pas le dire
ouvertement.
Les Européens n'osent
pas tous le dire, ils ne sont pas tous capables de convenir d'un texte
qui le dit clairement parce qu'ils ont toujours peur de gêner les Américains.
Il faut malheureusement attendre l'évolution de certaines des
positions américaines pour que les positions européennes évoluent
à leur tour et qu'on découvre le caractère évident d'une telle évolution.
Il y a quelques signes en Israël, on a pu noter un certain nombre de
déclarations, de pétitions ; il y a celle signée par les réservistes
qui refusent de faire leur service dans les Territoires occupés. Je
ne veux pas exagérer l'importance de ce mouvement, mais il me semble
être un signe à l'honneur d'Israël qui est une démocratie vivante.
On note également uns
sorte de réveil dans les milieux du camp de la paix. En tout état de
cause, le même éveil caractérise des personnalités qui pourraient
constituer un nouveau camp de la paix, si elles se mettaient d'accord
entre elles. Par ailleurs, il y a un débat assez libre dans la presse
israélienne. De plus, certains sondages montrent que les Israéliens
ne sont plus convaincus que Sharon leur assurera la sécurité, même
si certains de ceux qui ont revu à la baisse leur appui à Sharon
souhaitent un règlement politique et d'autres une politique plus
dure. A vrai dire, il y a un mouvement, il n'y a plus cet unanimisme
dans l'aveuglement. Et il se peut que Sharon se pose lui-même des
questions.
Aux Etats-Unis, il y a
quelques signes mineurs, mais ils sont là. En effet, lors de sa dernière
rencontre avec le président américain George Bush, Sharon n'a pas
obtenu tout ce qu'il demandait. Il n'a pas eu carte blanche comme il
l'aurait souhaité. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat américain,
Colin Powell, a fait une déclaration où il invite Sharon à se
demander si sa politique était ou non efficace. C'est important.
D'ailleurs, Powell a souvent fait des déclarations assez courageuses
sur le Proche-Orient. Il est vrai qu'elles n'ont pas modifié la ligne
générale de la politique américaine, mais elles ont formulé des
remarques judicieuses.
Autre indice, les
Etats-Unis ont à nouveau dépêché le général Anthony Zinni dans
la région, alors qu'ils avaient dernièrement adopté une logique qui
veut que Zinni ne retourne au Proche-Orient qu'après le rétablissement
de la sécurité et l'arrêt des violences. Donc toujours le même
contresens. Je veux y voir le début d'une réflexion de la part des
Américains pour mieux adapter leur politique. L'administration Bush,
après plus d'un an au pouvoir, a commencé à se rendre compte
qu'elle ne peut pas rester sur cette position de retrait qui par
non-intervention et d'abstention, position qui est favorable à
Sharon, à vrai dire, pourrait avoir des répercussions dangereuses.
Je considère donc qu'il y a des signes encourageants et qu'il faut
pousser en ce sens.
Q - Il existe plusieurs
idées au sujet de la reprise des négociations. L'initiative
saoudienne semble à deux doigts d'obtenir un appui collectif. Il y a
également les idées françaises et le plan Abou Ala-Peres.
Pensez-vous que l'initiative saoudienne permettra de redémarrer les négociations
?
R - Un certain nombre
d'idées ont été proposées ces dernières semaines. Il ne s'agit
pas de plans formels pour la paix mais d'idées qui ont pour but de
contribuer à un déblocage de la situation et qui vont toutes dans le
même sens, à savoir ramener les choses sur le terrain de la solution
politique.
Ces idées ne sont pas
contradictoires. Elles se complètent et peuvent s'emboîter les unes
aux autres parce qu'elles n'interviendraient pas au même moment. Ce
retour à la voie politique ne peut pas être décidé par les
Saoudiens, les Européens ou les Français tout seuls, mais par le
gouvernement israélien. Ce que les autres peuvent faire, c'est
avancer des idées et des propositions qui inciteront à surmonter les
blocages dans l'opinion publique israélienne, à améliorer le
rapport de force en faveur du dialogue et de la paix dans les deux
camps. Tel est le rôle des idées venant de l'extérieur.
L'initiative du Prince
Abdallah est très importante car elle augmente les chances de réussite
du processus de paix à l'avenir. Dans le passé, l'un des plus grands
obstacles était que les Israéliens ne pouvaient pas avoir confiance
dans l'accord final éventuel parce qu'ils ne savaient pas si le monde
arabe jouerait vraiment le jeu après. Par conséquent, l'initiative
du Prince Abdallah est une garantie formidable si le processus de paix
recommençait. Personne ne peut donner son accord au redémarrage des
négociations à la place des Israéliens.
Les Américains jouent
un rôle particulier à ce niveau. Je souhaite donc qu'ils se réengagent
plus, mais c'est aux Israéliens d'aller jusqu'au bout dans leurs
interrogations. Ils veulent la sécurité, et nous leur disons
amicalement : "Vous ne pouvez pas atteindre la sécurité
uniquement par une politique de répression militaire. Vous ne pouvez
pas attendre de l'Autorité palestinienne qu'elle soit efficace dans
la répression du terrorisme - même si c'est dans son intérêt -
s'il n'existe aucune perspective politique, et notamment si l'Autorité
palestinienne est au même moment menacée de destruction".
Q - Vous avez reçu le
ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, qui est
membre d'un gouvernement dont vous ne partagez pas la politique. Dans
quelle mesure Peres est-il crédible actuellement, d'autant qu'en
restant au gouvernement, il cautionne Sharon dont vous critiquez la
politique ?
R - Peres la critique
lui aussi. Il a contredit les déclarations de l'un des ministres israéliens
sur l'antisémitisme de la France. Quant à sa participation au
gouvernement, c'est son problème ainsi que le problème des Israéliens.
Je ne peux pas déterminer à la place des Israéliens qui doit être
dans le gouvernement, tout comme les Israéliens n'ont pas le droit de
se substituer aux Palestiniens pour choisir les dirigeants
palestiniens. Les idées de Peres sont très intéressantes, mais
elles ne sont pas à ce stade représentatives du gouvernement Sharon.
Mais elles peuvent le devenir. Je rappelle que nous n'avons pas à
entrer dans la politique israélienne. Il n'empêche que l'Europe doit
encourager et appuyer plus clairement les idées Abou Ala-Peres. Il ne
s'agit pas de les mettre en œuvre demain, mais d'assurer des
conditions favorables à la relance du processus. J'ai également reçu
le président de la Knesset, Avraham Burg, ainsi que Yossi Belin et
toutes les personnalités israéliennes qui s'opposent à la politique
actuelle.
Q - L'ancien ministre
français des Affaires étrangères, Claude Cheysson, a libéré
Yasser Arafat lorsqu'il était assiégé au Liban. Hubert Védrine
viendra-t-il avec Arafat au Sommet de Beyrouth après qu'il aura
contribué à le sortir de Ramallah ?
R - Depuis des mois et
des semaines, j'ai fait des choses fortes afin de surmonter les
obstacles à la paix au Proche-Orient. Ces déclarations ont permis
d'aboutir à certains résultats. Le ministre français des Affaires
étrangères a quand même un certain impact. J'espère avoir contribué
au fait que l'on reparle de solution politique, mais je n'irais pas
jusqu'à comparer les circonstances entourant aujourd'hui le Sommet de
Beyrouth aux circonstances passées qui entouraient le siège imposé
à Arafat. Je fais une distinction entre l'un et l'autre des deux cas.
Mais je considère que
le gouvernement israélien a tout à fait tort de maintenir Arafat en
état de siège. C'est injustifié, et n'a aucune légitimité. Il
s'agit d'un abus pur et simple. De plus, c'est incohérent par rapport
aux demandes qui sont faites à l'Autorité palestinienne de lutter
efficacement contre le terrorisme. Par conséquent, c'est une mesure
indéfendable et je pense qu'elle doit être levée purement et
simplement, le plus tôt sera le mieux dans l'intérêt de la relance
du processus politique, mais également dans l'intérêt de la lutte
contre le terrorisme.
Pour ce qui est du
Sommet de Beyrouth, je souhaite bien évidemment qu'Arafat puisse y
aller. J'espère qu'il pourra y aller librement et revenir librement,
que ce soit à Ramallah ou à Gaza. Mais le plus important pour le
Sommet de Beyrouth, c'est que ce Sommet apporte un soutien unanime aux
initiatives saoudiennes qui ont été d'ailleurs élaborées en
contact avec d'autres pays, on le sait. Ce serait tout à fait désastreux
pour le monde arabe et pour la relance du processus de paix qu'il se
reforme une sorte de camp du refus. Ce serait tragique. C'est ce que
nous attendons de ce Sommet. De ce fait, il ne faut pas en parler
uniquement en termes de présence ou d'absence d'Arafat. Même s'il était
absent - ce que je regretterais beaucoup, et ce serait une erreur de
plus commise par le gouvernement israélien - rien n'empêchera les
gouvernements arabes de parvenir à des positions fortes et homogènes
et d'apporter leur soutien aux idées saoudiennes. C'est l'un des éléments
du puzzle. Il faut travailler à la suite, que l'on pense à la
relance du processus, qui aura lieu un jour ou l'autre, parce qu'il
n'y a pas d'autre solution.
Q - Certaines parties
aux Etats-Unis considèrent qu'il ne sera pas possible de reprendre
les négociations tant que Sharon et Arafat seront au pouvoir. Qu'en
pensez-vous ?
R - Cela ne conduit
nulle part. Personne ne peut choisir le Premier ministre israélien à
la place des Israéliens eux-mêmes. De même, il n'est pas possible
de choisir le président palestinien à la place des Palestiniens. Il
faut faire avec. Si nous ne faisons rien, nous devrons attendre éternellement
avec une situation qui se dégrade, avec non plus deux ou trois morts
par jour mais cinquante ou cent. On ne peut pas raisonner comme cela.
Chaque jour qui passe est une journée tragiquement perdue.
Q - Est-il réaliste
que les idées françaises parlent d'élections dans les Territoires
palestiniens dans pareilles circonstances ?
R - Les élections
constituent une idée politique en rapport avec la prochaine étape.
Vous dites que ce n'est pas possible, mais est-ce que les conclusions
de la commission Mitchell peuvent être appliquées actuellement ?
Est-ce que les conclusions Tenet sont appliquées ? Est-il possible de
tenir une conférence internationale demain ? Nos idées représentent
une certaine conception politique en riposte à une campagne systématique,
qui a pour but d'ôter toute légitimité à l'Autorité palestinienne
et à faire l'impasse sur la solution politique. Cette conception est
la suivante : la répression militaire toute seule ne permet pas de
parvenir à une solution. La question des élections, où et quand
auront-elles lieu, sera débattue par la suite. Nous ne voulons pas
que ces élections aient lieu en présence de l'armée israélienne et
sans aucune perspective politique. Dans ce cas, ce sont les
adversaires de tout processus de paix qui risqueraient de l'emporter.
Si c'est dans un contexte différent, les élections ont lieu pour
appuyer les négociations politiques, qui auront été entre-temps réouvertes.
Cela aura permis, par exemple d'aboutir à un accord sur la présence
d'observateurs internationaux. Ce sera très différent comme
perspective, et les élections seront un levier politique qui agira
pour faire évoluer la situation.
Q - Les Etats-Unis
exercent des pressions économiques sur le Liban à cause du
Hezbollah. Quelle est la position de la France à cet égard, d'autant
que le Liban attend la conférence de Paris 2 pour alléger la charge
de la dette ?
R - Cette question est
double : tout d'abord, quel est le meilleur moyen d'aider le Liban sur
le plan économique ? Sur ce plan, la France a beaucoup fait. C'était
le seul pays à s'être mobilisé autant dans ce domaine-là. La
France a également poussé plusieurs organisations internationales à
s'intéresser à la situation économique au Liban, je pense que cet
effort doit être maintenu. Pour le reste, il existe un débat plus
compliqué sur la classification des différents mouvements et
organisations. Compte tenu des rapports avec la Syrie et le Liban, je
ne pense pas que ce soit la priorité des Etats-Unis de poser un problème
actuellement aigu, étant donné qu'ils cherchent à adopter une ligne
d'action générale dans les différents cas de figure.
Pour notre part, nous
appelons à mettre l'accent sur les résultats de ce que vous voulez
obtenir, qui doivent être ceux de la lutte antiterroriste. Pour bien
lutter contre le terrorisme, il faut le faire intelligemment. Il y a
bien évidemment les moyens militaires et les moyens répressifs mais
également l'approche politique, d'autant qu'il faut tenir compte d'un
certain nombre de situations locales. Nous en discutons entre nous,
mais cette question n'est pas au centre des démarches américaines.
Nous avons déjà affirmé qu'on ne peut ramener tous les problèmes
du monde uniquement à la lutte contre le terrorisme et ramener cette
lutte uniquement à des moyens militaires. Le simplisme est quand on
voit un seul aspect des choses. Mais ceci ne veut pas dire que nous
mettons en doute la nécessité de lutter contre le terrorisme.
Q - Les critiques que
vous avez formulées à l'encontre de la politique américaine
ont-elles donné des résultats, ou plutôt ont-elles entraîné une
tension dans les relations avec les Etats-Unis ?
R - Ce n'est pas forcément
contradictoire. La question de la tension est secondaire. Si nous
avons des choses importantes à dire, peu importe si elles entraînent
des tensions passagères. Je crois que les déclarations que j'avais
faites dans ce contexte étaient utiles. Je pense également que
lorsqu'on est un très bon allié des Etats-Unis, on a le droit de réfléchir,
de poser des questions, de débattre. La meilleure preuve est que mes
déclarations n'ont pas été isolées. Pour ceux, aux Etats-Unis, qui
ont essayé de faire croire que c'était simplement une manifestation
classique d'anti-américanisme, cela n'a pas marché, parce qu'il était
clair que ce que j'ai dit reprenait un problème posé par de nombreux
Européens. Ces déclarations ont atteint le but parce qu'elles ont
visé juste et qu'elles ont donné lieu à un débat. Quant à Colin
Powell, je poursuis mon dialogue avec lui.
Q - Qu'attendez-vous du
dialogue entre l'Iraq et les Nations unies ? Pensez-vous que les
Etats-Unis sont déterminés à se débarrasser du président iraquien
Saddam Hussein ?
R - Je ne pense pas
qu'ils aient adopté de décision définitive à ce propos. Ce qu'ils
disent est vrai : ils passent en revue toutes les éventualités et se
réservent toutes les options, mais ils n'ont encore pris aucune décision.
J'attends que les dirigeants iraquiens respectent les résolutions du
Conseil de sécurité et laissent les inspecteurs revenir librement et
travailler sans contrainte. S'ils étaient conscients de leur
responsabilité vis-à-vis de leur peuple, ils l'auraient fait.
Q - Que pensez-vous des
accusations d'antisémitisme adressées par Israël à l'encontre de
la France ?
R - Je pense que c'est
injuste et faux. Il y a eu une recrudescence des actes antisémites
l'année dernière, mais ces actes ont régressé cette année, selon
le ministère de l'Intérieur, même si leur nombre reste élevé.
Ceci découle dans une large mesure de la situation au Proche-Orient
et concerne une grande majorité de Français issus des immigrés et
présents dans certaines banlieues qui connaissent déjà des problèmes.
Mes propos ne visent
bien évidemment pas à justifier ces actes. D'ailleurs, le
gouvernement a été très clair à ce propos et il a assuré qu'il
lutterait contre toute forme d'antisémitisme. Les déclarations israéliennes
sont, semble-t-il, en rapport avec une campagne qui a pour but de
relancer l'émigration à destination d'Israël. Le ministère israélien
de l'Emigration avait indiqué qu'une émigration potentielle existait
dans trois pays : la France, l'Argentine et l'Afrique du Sud. Il
existe donc une campagne pour dire : "Vous êtes en danger en
France parce qu'il y a 6 millions d'Arabes dans ce pays, et vous devez
aller en Israël". Mais étant donné la situation qui prévaut
actuellement dans la région, il n'y a nul besoin de commenter cette
campagne, surtout qu'elle n'aboutira pas, en raison de l'exagération
qui la caractérise. C'est ce qu'avaient reconnu l'ancien président
du Conseil représentatif des Juifs de France ainsi que son président
actuel. Pour sa part, Peres a courageusement affirmé que cette
campagne était calomnieuse./.
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