26 Octobre 2000

DISCOURS DU CHEF DE L'ETAT

LORS DE LA CÉRÉMONIE D'INVESTITURE

Monsieur le Président de la Cour Suprême,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Messieurs les Officiers Généraux,

Mesdames, Messieurs,


Avec la cérémonie d'investiture de ce jour, nous sommes à une étape décisive pour sortir de la transition inaugurée par coup d'Etat du 24 décembre 1999.


La transition a connu des moments douloureux qui ont profondément affecté la nation. C'est pourquoi, mes premières vont aux victimes des événements de ces derniers jours ; à ceux qui ont payé de leur vie pour notre liberté et aux blessés dont certains sont marqués pour le reste de leur jours pour que la Côte d'Ivoire devienne un pays démocratique.


Nous leur devons l'hommage de la République et ils trouveront dans nos coeurs, la reconnaissance éternelle de la nation entière.


Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire, notre pays honore un rendez-vous essentiel avec son destin. L'histoire aura voulu que l'investiture du premier Président de la deuxième République se tienne au seuil du 21ème siècle. je ressens ce moment comme une renaissance pour la Côte d'Ivoire ; la naissance d'une nation moderne, prospère, démocratique et solidaire.


C'est avec assurance et détermination que j'accepte de tenir la fonction de Président de la République que la volonté de notre peuple me confère en cet instant solennel.


Je voudrais tout d'abord remercier les Ivoiriennes et les Ivoiriens qui ont porté leur choix sur ma personne le 22 Octobre et assurer tous les habitants de ce pays, quelles que soient leurs origines, leurs opinions ou leurs convictions politiques et religieuses, que le Président de la République est à la disposition de toutes et de tous, c'est-à-dire au service de la Côte d'Ivoire.


Je prends ici solennellement l'engagement de respecter le contrat moral qui me lie à la Côte d'Ivoire et aux Ivoiriens depuis de si nombreuses années au nom duquel vous m'avez élu. Je me suis engagé devant vous et avec vous à réaliser la refondation de la Côte d'Ivoire.


J'accorderai la première priorité à la refondation du système de défense et de sécurité afin de réconcilier la nation avec son armée et assurer la sécurité des personnes et des biens, conditions indispensables à la garantie des Droits de la personne humaine et à la prospérité économique.


La refondation sociale est une exigence éthique et politique pour assurer le bien-être des populations partout où elles se trouvent et quelles que soient leurs occupations.


C'est par la refondation économique que la Côte d'Ivoire sortira de l'économie de rente pour négocier sa place dans le monde moderne.


Mais tout ceci ne sera possible que par la mise en place d'institutions nouvelles, pour bâtir et consolider la vraie démocratie. C'est pourquoi, je tiens au respect du calendrier électoral élaboré dans le cadre de la transition. Les élections prévues se tiendront aux dates déjà fixées.


J'invite en conséquence, les parties politiques à se préparer pour les échéances électorales dont l'élection du Parlement prévue pour le 10 décembre 2000.


C'est à notre volonté de respecter les échéances démocratiques que le monde jugera la maturité politique du peuple de Côte d'Ivoire.


Aujourd'hui, l'élection présidentielle est terminée. Au moment où je prends officiellement fonction, j'appelle au rassemblement de tous les Ivoiriens et au respect des principes et des valeurs qui font la grandeur de notre nation : le pardon, la tolérance et la solidarité.


Je voudrais exprimer les remerciements de la Côte d'Ivoire à la communauté internationale dont l'intérêt pour notre pays et l'amitié pour le peuple ivoirien nous ont particulièrement fait chaud au coeur durant la difficile et pénible transition qui s'achève.


La Côte d'ivoire ne faillira pas à ses engagements internationaux. Nous savons en particulier la mission historique qui est la nôtre dans le projet d'intégration sous régionale en Afrique de l'Ouest.


Je tiens à assurer tous les pays de la sous-région de mon engagement personnel à oeuvrer non seulement pour la consolidation des liens historiques qui existent entre la Côte d'Ivoire et ses voisins mais aussi pour tracer ensemble, les voies de notre avenir commun.


Le monde a changé et, avec lui, la politique. La deuxième République sera la République de l'intégration nationale, du développement équilibré, de la solidarité et de la démocratie.


Vive la Côte d'Ivoire !